le sac à sapin, un achat solidaire

Elisa Riberry-Frisullo

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Pendant six mois, 35 adultes handicapés d'un Etablissement d'aide par le travail plient et emballent les sacs créés par l'ONG lyonnaise il y a dix-huit ans.
Pendant six mois, 35 adultes handicapés d'un Etablissement d'aide par le travail plient et emballent les sacs créés par l'ONG lyonnaise il y a dix-huit ans. — C. Villemain / 20 minutesC. Villemain / 20 minutes

Chaque Noël, il orne le pied du sapin dans 500 000 foyers. Mais beaucoup d'acheteurs ignorent qu'avant d'atterrir dans nos maisons, les sacs à sapin créés et commercialisés depuis 18 ans par l'ONG lyonnaise Handicap International (d'abord en France, et depuis peu en Suisse et en Angleterre) sont conditionnés à Mornant, aux ateliers Louis-Jaffrin. Une mission qui occupe de juillet à début décembre 35 adultes handicapés mentaux salariés de cet Etablissement et service d'aide par le travail (Esat). Sylvie, une trisomique de 46 ans, travaille chez ce sous-traitant depuis 20 ans. Mais c'est toujours avec entrain et « fierté » qu'elle plie et glisse dans une pochette cartonnée les sacs, fabriqués en Auvergne à partir de protéines de maïs, donc biodégradables. « C'est super pour moi d'avoir été embauchée. Et puis, ce qu'on fait est bien, confie cette employée, ravie à l'idée que ces sacs emplissent les magasins pour Noël.

650 000 € récoltés
Chaque jour, en moyenne, 5 000 produits sont emballés dans l'atelier. Un rendement qui varie en fonction de la concentration des travailleurs, jamais soumis à la moindre pression. Car ici, on ne résonne pas en terme de productivité, l'essentiel étant de favoriser l'intégration des handicapés. « Pour que ça fonctionne, nous avons adapté le travail à chacun, en fonction du handicap. Eleonore, par exemple, ne peut pas travailler au contact des autres », indique Rodolphe Rambaud, le directeur des Ateliers. La jeune autiste a donc été installée au calme, un peu à l'écart de ses collègues.
Emmanuelle est en poste au bout de la chaîne, où les pochettes sont regroupées pour être étiquetées, puis expédiées dans les magasins. Cette femme vit à Saint-Foy-lès-Lyon, à une heure de là. « Mais même quand il y a des grèves dans les transports, je viens. Notre travail est important contre les mines », explique l'employée, visiblement consciente de participer à une opération de solidarité. Sur un sac vendu 5 €, l'ONG récupère 1,5 €. « Tous les acteurs de la chaîne jouent le jeu, ce qui nous permet de dégager des bénéfices, précise Eric Frandeboeuf, responsable du commerce solidaire chez Handicap. Ce sac est un grand produit de solidarité. Il contribue à la fois au travail des personnes handicapées et au financement de nos missions ». En 2011, ces ventes ont permis de récolter 650 000 € en faveur des handicapés de 60 pays.