Les anti Lyon-Turin tenus à l'écart

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Ils avaient prévu de faire entendre leurs voix contre le Lyon-Turin à l'occasion du sommet franco-italien organisé à Lyon. Mais tout a été fait pour maintenir leur protestation sous silence. Dès 7 h, lundi, un important dispositif de sécurité a été déployé pour bloquer l'accès au quartier préfecture (3e), où sont arrivés en fin de matinée François Hollande et le président du conseil italien, Mario Monti, accompagnés de nombreux ministres.
A plusieurs pâtés de maison de là, aux Brotteaux (6e), survolés en permanence par un hélicoptère, de nombreux policiers et CRS étaient sur le pied de guerre pour encadrer les opposants venus de toute la région et du Val de Suse (Italie). Des moyens humains nettement plus importants que les quelque 250 manifestants, rejoints tardivement par 600 « No tav », les opposants italiens au projet de liaison transalpine. Ces derniers étaient pourtant partis dès l'aube d'Italie pour pouvoir symboliquement manifester au moment même où les délégations françaises et italiennes s'engageraient en faveur du Lyon-Turin. Mais, sur le trajet, leurs cars auraient été bloqués à plusieurs reprises par des contrôles de gendarmes, notamment au péage de Saint-Quentin-de-Fallavier (Isère).

Tensions en fin de journée
« C'est grave pour la démocratie. On ne nous laisse pas exprimer notre opposition. Nos arguments sont pourtant fondés sur des études d'impact réalisées par des scientifiques et des économistes », peste Alfredo, 38 ans, un Italien originaire du Piémont venu dénoncer ce projet « néfaste pour l'environnement et les finances publiques ». Pour Daniel Ibanez, membre de la coordination des opposants au Lyon-Turin, la pilule est aussi difficile à avaler. « C'est une violation de la convention européenne qui garantit une libre circulation des personnes, s'agace-t-il, outré de voir les manifestants bloqués aux Brotteaux. Il n'y a pourtant pas de trouble à l'ordre public ». Réunis dans le calme, avec seulement quelques fumigènes lancés parmi les opposants, le millier de manifestants a essuyé des gaz lacrymogènes, vers 18 h, au moment de quitter les Brotteaux. Des jets utilisés par les forces de l'ordre pour contenir la foule.

Une série d'interpellations

Dès le milieu de matinée lundi, une vingtaine de personnes, qui s'étaient rassemblées place Saint-Louis (7e), ont été interpellées dans le cadre des contrôles réalisés lors du sommet. Au total, une cinquantaine d'arrestations ont eu lieu selon la préfecture pour « possession d'armes et de produits inflammables ».