Gentlemen et trafiquants à la barre

Caroline Girardon

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Treize accusés comparaissent devant les assises du Rhône jusqu'au 19 décembre.
Treize accusés comparaissent devant les assises du Rhône jusqu'au 19 décembre. — C. viLLEMAIN / 20 minutes

A sa naissance, comme il refusait de pleurer, les médecins lui ont donné deux grosses fessées. Pour lui, ce fut un signe, une façon de se dire « prépare-toi, au monde car ça ne va pas être facile ». Décrit par ses proches comme réservé, Olivier Dunand se montre pourtant très volubile devant la cour d'assises du Rhône. La deuxième journée du procès des faux dinars a été consacrée mardi, à l'examen des personnalités et du CV des treize accusés. Olivier Dunand et son frère Frédéric possédaient tous deux l'imprimerie rue du lac (3e) dans laquelle étaient fabriqués les faux billets. A la barre, le Lyonnais âgé de 40 ans, tente de convaincre les jurés de sa gentillesse. « J'ai beau me mettre sous la pleine lune, je n'ai pas de poils qui poussent. »

Un philosophe érudit
Très loquace, l'homme évoque tour à tour ses difficultés dans les différents métiers qu'il a exercés, jusqu'à trois dans la même journée. Les dettes qui s'accumulent, un premier commerce qui coule. Les heures passées à travailler au détriment de sa famille. Et cette imprimerie florissante qui va finir par sombrer en 2008. « Si je n'avais pas été aussi fatigué, j'aurais eu la force de faire face une nouvelle fois », s'excuse-t-il, comme pour anticiper les questions de la cour. A ses côtés, son frère, « le gestionnaire », condamné en 2000 à cinq ans de prison pour détention de stupéfiants, se livre un peu moins. « On n'arrivait plus à rembourser les traites, c'est un peu ce qui nous a amenés ici. » Puis se présente François Bory, 60 ans. Un personnage atypique. Un érudit passionné de poésie et de philosophie, un « gentleman », un « homme d'honneur » selon ses proches, dont le casier judiciaire comporte sept condamnations. Il va sombrer dans la délinquance dès 1982 et n'aura de cesse de faire des allers-retours en prison. Tombé pour trafic de cocaïne, il va ensuite se lancer dans le négoce de voitures anciennes et la fabrication de faux papiers. Avant de rebondir comme antiquaire et de receler bijoux ou meubles volés.