Le collège musulman fermé avant d'ouvrir

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L'espoir d'ouvrir le jour de la rentrée s'amenuise au collège musulman Al-Kindi de Décines. Hier, dans un article paru dans Libération, le recteur de l'académie de Lyon, Alain Morvan, s'est prononcé contre l'ouverture de l'école privée, appelée à devenir le plus grand établissement musulman de France. « Alain Morvan rendra sa décision finale d'ici à jeudi soir. Mais, vu les éléments dont il dispose, il penche davantage vers une réponse négative, au titre du principe de précaution », a confirmé hier après-midi le rectorat de Lyon.

Pour justifier ses réserves, ce dernier met une nouvelle fois en avant divers problèmes de sécurité aux abords de la future école. « En plus de la menace de pollution des sols, ce qui nous inquiète, c'est la présence proche du poste de détente d'une conduite de gaz, auquel les élèves peuvent facilement accéder », détaille le rectorat. Des arguments jugés « fallacieux » hier par l'association Al-Kindi, alertée par la presse des intentions du recteur. « Ce qu'Alain Morvan exprime, ce sont des craintes personnelles infondées », estime le représentant de l'association Al-Kindi, Hakim Chergui, déterminé à aller jusqu'au bout pour accueillir ses premiers élèves. Mais en cas d'opposition officielle, l'ouverture de l'école pourrait être repoussée d'un mois, le temps que le conseil académique de l'Education nationale se prononce sur l'affaire. « Dans l'hypothèse où ce dernier annulerait la décision du recteur, le collège pourrait aussitôt ouvrir ses portes », a conclu hier le rectorat.

Elisa Frisullo

Initialement prévu pour accueillir 500 élèves, l'établissement Al-Kindi a revu ses effectifs à la baisse et compte aujourd'hui 150 élèves inscrits dans sept classes, de la sixième à la seconde.