L'armée vise les jeunes peu diplômés

Caroline Girardon

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On peut se présenter au guichet sans rendez-vous.
On peut se présenter au guichet sans rendez-vous. — C. VILLEMAIN/20 minutes

A bientôt 22 ans, Quentin, BEP d'électronique en poche, s'est retrouvé dans une impasse. Travaillant dans le bâtiment, le Berjallien a eu envie d'une autre vie, et même d'évasion. « Depuis tout petit, je suis passionné de montagne. Alors, j'ai décidé de tenter l'armée et de m'inscrire pour intégrer les chasseurs alpins. » Florian, 19 ans, a poussé la porte du Centre d'information et de recrutement des Forces armées en même temps. « Pas fait pour l'école », le jeune homme, qui a décroché un CAP agent de sécurité, a très vite laissé tomber les études afin de réaliser son rêve d'enfant : devenir pompier de Paris. Et Jérôme, qui vient de s'engager au LOU Rugby, a signé un contrat d'un an pour jouer au poste de deuxième ligne dans l'équipe de l'armée. En parallèle, il tiendra la permanence du centre de recrutement qui a inauguré mardi un guichet unique pour les trois armées*.

De la place pour tous
En cette période de crise économique, l'armée souhaite attirer plus de jeunes. 550 contrats d'engagement ont été signés cette année à Lyon pour le double, voire le triple de dossiers déposés. Pour autant, les besoins restent d'actualité. Car l'armée amputée de 50 000 postes depuis 5 ans, a perdu en visibilité. « Il y a beaucoup d'idées reçues aujourd'hui. Peu de jeunes savent que l'on peut intégrer l'école des mousses dès la classe de 3e par exemple. Et qu'un bac, quel qu'il soit, suffit pour devenir pilote », glisse un officier. « Nous recrutons de « non-diplômé » à « bac + 5 ». Les métiers proposés sont très différents. Il y a de la place pour tous », poursuit le général Benoit Royal en charge du recrutement de l'armée de Terre. « Plutôt que d'être formés, nos candidats vont être éduqués. Ils vont apprendre un métier mais aussi une façon d'être. Ils vont acquérir des compétences techniques et tout cela constitue un véritable tremplin pour une reconversion, souligne le capitaine de vaisseau Pouly. L'armée c'est une sorte d'escalier social. On y rentre parfois sans diplôme ou en situation de décrochage scolaire et on peut progresser jusqu'à devenir officier… Non sans un énorme effort. »