« Je n'ai jamais rien vu, rien entendu »

Elisa Riberry-Frisullo

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L'ex-joueuse Nathalie Tauziat s'est toujours crue visée dans cette affaire.
L'ex-joueuse Nathalie Tauziat s'est toujours crue visée dans cette affaire. — C. VILLEMAIN/20 minutes

Le président de la cour d'assises du Rhône a insisté, tenté à plusieurs reprises de la pousser dans ses retranchements. Mais, à aucun moment, Nathalie Tauziat, qui témoignait mardi au procès de Régis de Camaret jugé pour « viols et tentatives de viols » sur mineures, n'a varié dans ses déclarations. Ni même émis le moindre doute quant à une éventuelle culpabilité de son ancien coach.

« Un second père »
Depuis jeudi dernier, cet homme de 70 ans a vu défiler à la barre des témoins une vingtaine de femmes unanimes sur les faits qu'il leur aurait fait subir. Des « attouchements », des « viols » datant des années 1980 et 1990, et prescrits depuis. Seule contre toutes, Nathalie Tauziat a défendu bec et ongles l'ancien coach dont elle parle comme « d'un second père ». « On s'est rencontré en 1980 et, depuis, on ne s'est jamais quitté, a indiqué l'ex numéro 1 du tennis français, qui aujourd'hui encore fait travailler Régis de Camaret (pourtant interdit d'exercice) dans son club d'entraînement de Capbreton (Landes). Je n'ai rien à lui reprocher. Il m'a emmenée là où j'ai toujours rêvé d'aller. » Lorsqu'on l'interroge sur les nombreux témoignages qui accablent l'ancien entraîneur, elle répète : « Je vivais avec le groupe 24 h sur 24, je n'ai jamais rien vu, rien entendu. Je ne l'ai jamais vu avoir un geste intentionnellement sexuel sur qui que ce soit. » Au cours de l'enquête, Nathalie Tauziat a toujours dit que, derrière Camaret, c'est elle qui était visée. Par jalousie ou esprit « de vengeance », sans doute, d'anciennes joueuses dont Isabelle Demongeot qui a fait éclater l'affaire il y a sept ans. « Pensez-vous que ma cliente, partie civile qui ne vous connaissait pas, vous visait ? », l'a alors interrogée mardi Me Isabelle Colombani, avocate de Stéphanie Carrouget. « Non, a répondu Nathalie Tauziat, semblant là encore accorder peu de crédit aux accusations de la victime présumée. Je n'ai pas de preuves de ce qui s'est passé. Je ne parle pas sans preuve. ». Le verdict est attendu vendredi.