Rentrée menacée au collège musulman

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Nouvelle tuile pour Al Kindi, le futur collège-lycée musulman de Décines. A dix jours de la rentrée, une suspiscion de pollution vient menacer l'ouverture de l'école privée, appelée à devenir le plus grand établissement musulman de France.

Déjà en attente du feu vert du rectorat, l'association Al Kindi, porteuse du projet, est également suspendue à un rapport de la direction régionale de la recherche, de l'industrie et de l'environnement (Drire) pour pouvoir accueillir ses premiers élèves. Une contrainte imposée par la préfecture du Rhône pour écarter tout risque de pollution des sols et de l'air sur le site du futur établissement, occupé jusqu'en 2001 par le fabricant industriel Asea Brown Boveri. Le lieu, situé 15 rue Sully, est répertorié par le ministère de l'Environnement parmi les terrains « à la pollution des sols avérée ». « Comme pour toutes les installations classées, une expertise a été menée là-bas par la Drire avec une étude détaillée des risques », a indiqué hier la préfecture. Selon les données du ministère de l'Environnement, au 1er février 2005, les sols « restaient pollués, essentiellement par du benzène ». Attendu dans les prochains jours, le diagnostic de la Drire doit permettre d'infirmer ou de confirmer la présence de polluants aux abords de l'école et d'en mesurer les risques sur la santé. « Cette vérification était indispensable, puisque ces locaux vont accueillir des enfants », estime le rectorat.

Des inquiétudes qui ne pèsent pas sur le moral d'Al Kindi. « Nous avons commandé une expertise à une entreprise privée. Les résultats sont formels : il n'y a pas de pollution », explique un responsable de l'association, Hakim Chergui. L'analyse révèle en effet l'absence de toute substance polluante... « dans l'air ambiant ». La pureté des sols, elle, reste suspendue aux seules conclusions de la Drire. En cas de pollution, la préfecture serait contrainte de prendre des mesures pouvant aller jusqu'à l'interdiction d'accueillir des enfants sur le site. Dans le cas contraire, l'établissement privé pourrait ouvrir dès le 4 septembre. Sous réserve, toutefois, que le rectorat donne son aval.

Elisa Frisullo

Le rectorat doit se prononcer d'ici au 31 août sur la demande déposée par Al Kindi pour accueillir 150 élèves de la 6e à la seconde.