La grève des cantines au menu de la rentrée

Elisa Riberry-Frisullo
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Sans accord avec la mairie, la grève pourrait se prolonger.
Sans accord avec la mairie, la grève pourrait se prolonger. — C. Villemain / 20 minutes

L'école a repris lundi à Lyon comme elle s'était achevée avant les vacances : sur une grève des agents municipaux. Conséquence la plus visible, dans 54 des 117 cantines, les enfants privés de repas chauds ont eu droit à un déjeuner froid. Cette solution, prise pour arranger les familles, devrait être reconduite mardi, mais elle n'a pas vocation à durer, selon la mairie, qui souhaite voir aboutir les négociations avec l'Intersyndicale (Unsa territoriaux, CFTC et Sud CT).

Une organisation à revoir ?
Cette dernière a prévu de poursuivre la grève, tant qu'elle n'aura « pas obtenu l'embauche de temps plein pour remplacer les agents absents », indique Fabienne Pedoux, déléguée Unsa. Une demande que la mairie, déjà confrontée fin 2010 à une grève de trois semaines, pourrait accepter. « Nous sommes prêts à recruter au plus vite une vingtaine de temps plein », précise Dominique Bollier, adjoint chargé des Ressources humaines. De quoi sans doute calmer les agents grévistes, mais pas les élus d'opposition. Michel Havard, leader (UMP) du groupe Ensemble pour Lyon, a déploré lundi que le malaise n'ait pas été géré par la mairie pendant les vacances. « Les enfants et leurs parents peuvent-ils espérer bénéficier prochainement d'un service public de qualité ? », s'interroge-t-il. Le conseiller d'arrondissement du 3e Eric Lafond (Modérés) est allé plus loin en demandant la remise à plat du fonctionnement des cantines. « C'est d'une lourdeur rare. On fait se croiser des vacataires, des agents à temps plein et à temps partiel, des saisonniers... Ça génère un absentéisme incroyable, d'un taux de 17 %, et qui remplacé qu'à 59 %. On ne peut pas avoir un service de qualité avec une telle gestion », explique l'élu, favorable à l'expérimentation de solutions innovantes. Pour améliorer le service et désengorger les cantines, il propose notamment de faire appelle aux restaurateurs proches des écoles pour accueillir les enfants à déjeuner.