La guerre contre l'ambroisie refleurit

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Une tige droite, des feuilles minces et dentelées, des fleurs regroupées en longs épis vert-jaune. Voici le portrait-robot de l'ennemi public numéro un du conseil général du Rhône, l'ambroisie. Depuis quatre ans, le département mène une guerre d'usure à cette plante qui provoque fin août, lors de sa pollinisation, des crises allergiques carabinées pour environ 10 % de la population du Rhône. Un véritable fléau qui prolifère le long des routes, dans les champs ou sur les chantiers.

Hier, à Echalas, commune rurale voisine de Givors, des ouvriers casqués et gantés déchiquetaient des plants d'ambroisie à la débroussailleuse au bord d'une départementale. « L'arrachage et le fauchage sont les seules solutions. Il faut détruire la plante avant qu'elle ne produise du pollen et des graines », explique Yohan Mourgond, coordinateur de l'opération ambroisie au conseil général. L'an dernier, sept millions de plants ont ainsi été éliminés. Mais la tâche semble sans fin. « Il y en a tellement qu'on ne sait plus par où commencer », soupire Omar Kouyane, adjoint au maire d'Echalas.

« On ne peut pas tout détruire. Les pouvoirs publics donnent l'exemple pour inciter agriculteurs, particuliers et entreprises de BTP à arracher sur leur terrain », indique Catherine Clavel, chargée d'éducation à l'environnement au département. Si un arrêté préfectoral oblige les propriétaires à faire le ménage, il demeure peu appliqué. Des solutions sont à l'étude pour freiner l'expansion de l'ambroisie, comme les « jachères fleuries ». Elles consistent à planter d'autres espèces le long des routes afin de ne pas laisser le champ libre à l'ennemi public. Frédéric Crouzet

info Un numéro vert a été mis en place pour s'informer sur la plante et ses effets. Il permet aussi de signaler la présence d'ambroisie sur des terrains publics. Tél. : 0 800 877 021 ou sur Internet www.rhone.fr/ambroisie