l'interminable attentedes salariés de véninov

Caroline Girardon

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Une vingtaine de salariés de Véninov viennent chaque jour à l'usine, tuer le temps comme ils peuvent.
Une vingtaine de salariés de Véninov viennent chaque jour à l'usine, tuer le temps comme ils peuvent. — C. VILLEMAIN / 20 minutes

Le 1er juin, réunis sous un soleil de plomb, ils avaient « fêté la reprise ». Quelques jours plus tôt, les salariés de Véninov avaient appris que le tribunal de Nanterre validait l'offre de reprise de l'Autrichien Windhager prévoyant de faire redémarrer la production de toiles cirées avant la fin 2012, avec 40 à 50 salariés. Depuis...rien. Le froid est revenu dans les ateliers, les machines sont restées muettes et une petite vingtaine de personnels se relaye quotidiennement pour protéger l'usine des intrusions. « Windhager nous a annoncé qu'il envisageait d'investir 25 millions d'euros d'ici à 2015 et d'employer entre 80 et 120 salariés, explique Ayadi Assadi, délégué CGT. Ce n'est pas la justice qui l'a forcé à formuler une offre de reprise. Il est aujourd'hui redevable du dossier qu'il a déposé. » « Toutes les conditions sont réunies pour démarrer la machine, poursuit Stéphane Navarro, délégué CGT. Il faut que ça aille vite. »
« Attendre, le mot est devenu insupportable car ça fait deux ans qu'on patiente. Et on trouve que c'est vraiment très long », rajoute Céline Jallamion employée depuis 18 ans. Sans nouvelles de leur repreneur depuis l'été, les Véninov ont néanmoins rencontré l'un des juges du tribunal de Nanterre la semaine dernière. « Il ne conçoit pas que Windhager fasse volte-face. Pour lui c'est hors de question », raconte Ayadi Assadi. Les salariés seront à nouveau convoqués à Paris le 20 novembre. « On espère avoir plus de précisions, comme éventuellement la date de la création de la société censée nous reprendre et le nom de son directeur, annonce Céline Jallamion. Même si on reste dans l'attente, ça nous rassure un peu d'avoir ce rendez-vous ».