« Le Grand Lyon, c'est une cocotte-minute »

Elisa Riberry-Frisullo

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A en croire les agents, le malaise n'est pas nouveau.
A en croire les agents, le malaise n'est pas nouveau. — C. Villemain/20 minutes

Trois semaines se sont écoulées depuis qu'un cadre de la direction de l'eau a menacé de se jeter par la fenêtre. Et quatre mois depuis la première tentative de suicide. Mais, au Grand Lyon, cette série noire a laissé des traces et inquiète les syndicats. Depuis qu'un cadre de la propreté s'est immolé par le feu cet été à Vénissieux, et qu'un éboueur a tenté de faire de même à la rentrée, à Gerland, une délégation d'enquête s'est constituée au Grand Lyon. Un expert indépendant a été nommé début octobre pour enquêter sur ces drames et doit rencontrer, ce jeudi, élus et représentants du personnel. Une réunion de suivi, attendue de pied ferme par certains syndicats, qui dénoncent « l'immobilisme » du Grand Lyon et « le silence » de son président, Gérard Collomb (PS) sur ces affaires. « Ce n'est pas parce qu'on a désigné un expert qu'il faut s'endormir. Le Grand Lyon, c'est une cocotte-minute. Il y a d'autres situations explosives », prévient Pascal Merlin, élu CFTC au Comité hygiène et sécurité et conditions de travail.

Pression et souffrance
Une crainte partagée par l'UGICT CGT qui, le 26 octobre encore, réclamait une modification du mode de gestion et de management de la direction du Grand Lyon. « Plusieurs agents de l'ensemble des services vivent une véritable pression et souffrance dans leur travail […] Ce qui nous fait peur, c'est que ces actes de détresse servent de détonateur », s'inquiétait alors le syndicat sur son blog. A en croire les agents, le malaise n'est pas nouveau. « ça a commencé au début du second mandat de Gérard Collomb, indique Pascal Bouchard, délégué CFDT. Il y a une tension nerveuse qui peut exploser à tout moment. Dans l'encadrement, ils ont tout le temps la pression et la répercutent derrière, ajoute l'élu, plus prudent toutefois sur l'enquête en cours. C'est complexe, car il s'agit de l'humain. Il faut prendre tout cela avec précaution. »
Sollicité sur le sujet, le Grand Lyon a indiqué mercredi que « la procédure d'enquête suivait son cours sans problème ». « Le Grand Lyon a pris cela très au sérieux. Des réunions de suivi sont organisées régulièrement depuis cet été. »