Le prix féerique d'Emmanuelle Pireyre

Caroline Girardon

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Le roman d'Emmanuelle Pireyre, « Féérie générale », est paru à la rentrée.
Le roman d'Emmanuelle Pireyre, « Féérie générale », est paru à la rentrée. — V. WARTNER/20 minutes

Alexis Jenni avait l'habitude de s'asseoir à la même table d'un café pour écrire son roman, récompensé du prix Goncourt l'an passé. Emmanuelle Pireyre, 43 ans, auréolée mardi du prix Médicis pour Féerie Générale préfère le silence de son appartement. « J'aime être seule dans mon petit coin du 7e », avoue la native de Clermont-Ferrand. Chaque matin, elle se plie au même rituel. Assise à son bureau, couverture sur le dos, bouchons antibruits enfoncés dans les oreilles, casque contre les nuisances sonores par-dessus, portes fermées, elle se met alors à réfléchir longtemps et coucher ses premières idées sur le papier. « Le matin, l'écriture vient assez vite, je suis beaucoup plus efficace, raconte-t-elle. Si je dois me remettre à écrire en fin d'après-midi, les choses deviennent plus approximatives, car il y a la fatigue de la journée. Pourtant, c'est à ce moment-là que me viennent les idées les plus drôles, les plus farfelues ou stimulantes. »

Un regard décalé
Quand elle n'écrit pas, Emmanuelle Pireyre aime se réfugier dans les bibliothèques, dévalisant tous les rayons. « J'en serais presque à venir avec ma valise à roulette pour emporter un maximum de livres », plaisante-t-elle. Et puis, elle glane ses idées en se promenant dans les parcs, en regardant les gens, et en scrutant les scènes de vie quotidienne.
« J'aime beaucoup son regard décalé et pétillant sur la société, son humour, explique une bibliothécaire avec laquelle elle a travaillé. Le ton de son livre est tellement original, c'est ce qui fait toute sa saveur. Il reflète parfaitement sa personnalité gaie et vive. » L'écrivain n'hésite pas non plus à participer à différentes performances artistiques. On a pu récemment l'apercevoir à la médiathèque du Bachut (8e) dépoussiérer, devant le public, une citation de Marguerite Duras inscrite en vitrine. « L'écriture était la seule chose qui peuplait ma vie et qui l'enfantait. Je l'ai fait. L'écriture ne m'a jamais quittée », est devenue depuis l'une de ses devises. Lire aussi p. 14