Guignol veut être reconnu par l'Unesco

Jérôme Pagalou
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Stéphanie Lefort et le Guignol de Lyon (5e) accueillent chaque année 25 000 spectateurs.
Stéphanie Lefort et le Guignol de Lyon (5e) accueillent chaque année 25 000 spectateurs. — C. Villemain/20 Minutes

Elle y songeait depuis huit ans. Cette fois, la directrice du théâtre Le Guignol de Lyon, Stéphanie Lefort est bien décidée à faire reconnaître la célèbre marionnette au patrimoine immatériel de l'Unesco. « Défendre une telle candidature de Guignol me semble naturel, d'autant qu'il est né dans le Vieux-Lyon, inscrit depuis 1998 au patrimoine mondial de l'Unesco. Cela permettrait de valoriser dans le monde entier un savoir faire, une mise en scène, mais aussi le parler lyonnais auquel les habitants sont très attachés », explique la responsable du théâtre historique de Guignol, où s'exprime la compagnie des Zonzons depuis 1998. L'initiative, qui pourrait nécessiter cinq années avant d'aboutir, selon le ministère de la Culture, doit obligatoirement être portée par la ville. Cette dernière, qui soutient financièrement le théâtre des Marionnettes, mais aussi le musée Gadagne, assure « suivre avec attention cette proposition ». « Nous avons de l'or dans les mains et il ne manque pour l'instant qu'une volonté politique… », estime Stéphanie Lefort, soutenue par une dizaine d'associations de guignolistes.

Une « figure politique »
Une démarche d'autant plus primordiale pour les Zonzons qu'ils risquent de se retrouver sans théâtre de juin 2013 à juin 2014, en raison des travaux du palais de Bondy (5e). La compagnie professionnelle souhaite profiter d'une candidature au patrimoine Unesco pour « faire réfléchir à la place de la marionnette à Lyon ». Le Guignol de Lyon vise ainsi une sensibilisation auprès des étudiants d'écoles de théâtre et de musique lyonnaises ainsi qu'une reconnaissance par la ville de sa biennale internationale de la marionnette, au même titre que celles de la danse et de l'art contemporain. Stéphanie Lefort tient par tous ces leviers à réhabiliter l'image de Guignol, écornée « un peu partout en France à cause de numéros de forains indignes. Il n'est pas une marionnette gnangnan destinée seulement aux enfants. C'est une figure satirique et politique défendant le petit peuple. »