Arrosage au compte-gouttes dans l’Est lyonnais

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L’Est lyonnais en pénurie d’eau malgré la pluie. La préfecture du Rhône a récemment restreint l’usage de l’eau dans 26 communes du département où, en dépit des récentes précipitations, les nappes phréatiques affichent un niveau anormalement bas. « Les pluies actuelles sont inefficaces. Avec l’évaporation, elles ne permettent pas de recharger les nappes, dont le niveau était déjà peu élevé en début de saison », note Daniel Dancette, responsable de la cellule eau à la direction départementale de l’agriculture et des forêts
du Rhône. A l’origine de ce mauvais bilan hydrique, les faibles précipitations enregistrées sur la région à l’automne et au printemps derniers, saisons où les
nappes se remplissent, ainsi que les importants pompages effectués dans les sols. Par souci d’économie, les prélèvements d’eau dans les puits
et forages ont ainsi été interdits de 8 h à 20 h pour arroser les jardins, les espaces verts publics, les terrains sportifs et les terres agricoles. Sur les communes concernées, la préfecture a aussi interdit
l’usage de l’eau pour remplir les piscines (sauf pour les premières mises en eau des nouvelles installations), laver les voitures et les voies privées.
« De toute façon, avec la pluie, on vient de gagner une
semaine d’arrosage et les maïs ont fini de pousser. Alors les restrictions… », soupire, serein, un agriculteur de Genas. A quelques kilomètres de là,
en revanche, Patrick Bornicat, 37ans, guette le ciel avec attention.«Certains légumes sont prêts, mais ceux d’hiver vont avoir besoin d’eau», explique ce maraîcher genassien. « Pour le moment, le
temps est avec nous. Mais si la pluie cesse et que les restrictions perdurent, ça risque de se compliquer, ajoute-t-il. « L’enjeu est important pour les agriculteurs, confirme Daniel Dancette. Aujourd’hui, la
saison d’irrigation est finie. Mais si la recharge des nappes est mauvaise dans les prochains mois, ils ne pourront plus puiser dans la nappe autant qu’ils en ont besoin. » Un scénario catastrophe retardé par les restrictions d’eau et que seules des précipitations
suffisantes cet automne permettraient d’écarter.

Elisa Frisullo