Les salariés de BASF se font quelques rides

Caroline Girardon

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Les salariés en grève ont manifesté jeudi toute la journée.
Les salariés en grève ont manifesté jeudi toute la journée. — C. VILLEMAIN / 20 minutes

Des croix blanches plantées dans l'herbe pour symboliser l'annonce d'une mort imminente. Les salariés du groupe BASF Beauty Cares Solutions, spécialisé dans la fabrication de principes actifs (hydratants, antirides) pour l'industrie cosmétique de luxe, ont manifesté jeudi devant leur usine afin de protester contre un projet de plan social. La direction envisage de regrouper l'ensemble de la production à Pulnoy près de Nancy. Et de maintenir sur le site de Lyon, uniquement l'unité de recherche, à savoir 7 personnes sur 150, selon les syndicats. « On nous dit que l'entreprise perd des parts de marché, que nous ne sommes pas assez compétitifs. Mais nous sommes leader, et de très loin. On fait la course en tête depuis très longtemps », déclare Frédéric Jouvet de la CFTC.

La fin d'un savoir-faire
« On a du mal à entendre ces arguments car le groupe a reversé 2,5 milliards d'euros de dividendes aux actionnaires l'an passé », poursuit Thierry Cacitti. A 51 ans, l'homme qui affiche 19 ans d'ancienneté fait partie des piliers de l'usine : « Même si ce n'est pas le moment de se lamenter, à mon âge, ce sera compliqué de retrouver un emploi. » Sophie âgée de 37 ans, mère de deux enfants est tout aussi inquiète. « Je suis embauchée depuis deux ans, dit-elle. Connaissant les bons résultats du groupe, j'étais venue dans l'espoir d'y faire une partie de ma carrière. Ma vie est désormais à Lyon. Quand je m'y suis installée, c'était pour poser mes valises », précise la jeune femme qui n'envisage pas d'aller travailler à Nancy. « C'est tout un savoir-faire qui va disparaître, ajoute Loli, salariée depuis 12 ans. Je trouve cette décision très injuste. » « L'entreprise est née ici à Lyon. Il y a un talent et on ne souhaite pas qu'il meure comme cela », ajoute Frédéric Jouvet. La direction, que nous avons contactée, a précisé qu'aucune décision n'avait été prise. « A ce jour, rien n'est encore fixé. Mais vu le contexte économique, maintenir deux sites de production en France n'est pas viable. » Le plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) devrait être présenté fin novembre.