Grève dans les cantines des collèges

Elisa Riberry-Frisullo

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Aujourd'hui, 12 des 88 cantines sont déjà gérées par des prestataires privés.
Aujourd'hui, 12 des 88 cantines sont déjà gérées par des prestataires privés. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Les cantines des collèges devraient être nombreuses à ne pas assurer de service ce midi. Sud-Education, la CGT Education et territoriaux ont appelé les personnels du conseil général et les enseignants à faire grève « contre la privatisation des cantines » et à manifester devant le département de 10 h à 12 h ce jeudi. Aujourd'hui, 12 des 88 selfs du Rhône sont déjà gérés par des prestataires privés. Et d'ici à 10 ans, la totalité des restaurants devraient passer en délégation de service public (gestionnaire privé), avec 8 établissements concernés chaque année. Mais cette évolution, censée à terme faire économiser 4 millions d'euros par an au conseil général, est loin de faire l'unanimité.

Economies de personnels
Les fédérations de parents d'élèves FCPE et Peep se sont mobilisées, à coups de pétitions, pour faire reculer le département. « Dans les collèges où la production et le service des repas sont gérés par un prestataire, on constate une dégradation de la qualité gustative et de la variété des repas », note la secrétaire générale de la FCPE Jacqueline Lédée. Mêmes craintes du côté des syndicats, où l'avenir des personnels des cantines pose question. « On leur propose de quitter le département et de bénéficier d'une aide pour créer leur entreprise ou de basculer sur des fonctions très éloignées des leurs », déplore Romain Lapierre, délégué Sud Education. « Nous réclamons l'abandon de la privatisation et le retour de toutes les cantines en régie publique », ajoute la CGT-Education. Mais le message risque d'avoir du mal à passer, le conseil général étant convaincu que la DSP permet de maintenir la même qualité de repas tout en diminuant la masse salariale du département. « Tous les titulaires resteront fonctionnaires s‘ils le veulent. Mais ils pourront être affectés sur des postes occupés par des contractuels ou des contrats aidés ou remplaceront des départs à la retraite », précise Danielle Chuzeville, vice-présidente du conseil général chargée des collèges.