La fracture sanitaire se creuse davantage

Caroline Girardon

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Une situation préoccupante. Selon l'association UFC-Que Choisir qui vient de publier une étude concernant les déserts médicaux, l'accès aux soins dans le Rhône n'est pas toujours évident. Un paradoxe lorsque l'on sait que l'agglomération lyonnaise est la deuxième plus importante de France. « Une partie non négligeable de la population vit éloignée des médecins généralistes et surtout des spécialistes, explique Michel Boutard, président de l'association. Les déserts ne se trouvent pas uniquement dans des petites communes de rase campagne. Ils sont aussi en bordure des villes ». Lentilly, située à 20 km de Lyon, en est peut-être l'illustration la plus frappante. Genas et Vaugneray font également partie des villes désertées.

« Les patients sont contraints de payer plus »
« On constate une double fracture sanitaire dans le Rhône, à la fois géographique mais aussi financière, poursuit Michel Boutard. Les dépassements d'honoraires se généralisent. Les patients sont contraints de payer plus. Ceux qui n'ont pas les moyens ne peuvent dès lors plus se soigner correctement ».
Dans le Rhône, en matière de médecins généralistes, 3 % de la population, soit 50 000 habitants n'ont pas accès facilement à un médecin ne dépassant pas ses honoraires. En revanche, pour d'autres spécialités, les statistiques sont beaucoup moins bonnes. A commencer par les ophtalmologistes. D'après l'étude, 8 % de la population vit dans un désert ophtalmologique. Et un tiers ne peut pas accéder à un praticien en raison des tarifs pratiqués. Les données concernant les pédiatres ne sont guère différentes. En dehors des villes, il devient de plus en plus difficile de trouver un spécialiste exerçant au tarif de la Sécurité sociale. Mais la palme revient aux gynécologues. L'offre est surabondante. « Il n'y a que 1 % de la population qui peut consulter un gynéco sans dépassement », précise Michel Boutard.
L'UFC-Que Choisir réclame la suppression progressive des dépassements d'honoraires ainsi que la réduction des aides accordées aux médecins s'installant dans des zones déjà surdotées.