Mobilisation pour la fermeture du bugey

Elisa Riberry-Frisullo

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Le 11 mars, lors de la chaîne humaine contre le nucléaire.
Le 11 mars, lors de la chaîne humaine contre le nucléaire. — C. Villemain / 20 minutes

Un accident se produit à la centrale nucléaire du Bugey (Ain). Dans les heures suivant la catastrophe, des réfugiés contaminés arrivent par vagues dans le centre de Lyon, à 30 km de là. C'est à partir de ce scénario, simulant une évacuation en cas d'incident majeur, que le collectif Stop Bugey a choisi de sensibiliser le public au danger du nucléaire. Et à la « nécessité de fermer la centrale », la plus vieille de France (elle a ouvert en 1972) après celle de Fessenheim, en Alsace. La mobilisation commencera ce jeudi par deux marches symboliques « de réfugiés du nucléaire », qui partiront de Saint-Vulbas pour cheminer jusqu'à Lyon via l'Ain et l'Isère. Les « réfugiés » débarqueront samedi en centre-ville, où un rassemblement pour l'arrêt du nucléaire est prévu quai Augagneur, à 14 h.

Des risques sous-évalués ?
Les militants comptent sur cet événement pour redonner un élan à la mobilisation née après la catastrophe de Fukushima (Japon). Le 11 mars dernier, date anniversaire du drame, 60 000 personnes avaient participé à une immense chaîne humaine entre Lyon et Avignon, secteur le plus nucléarisé d'Europe. « Fukushima est un peu plus loin dans les esprits, mais le danger reste le même, indique Charlotte du réseau Sortir du nucléaire. « En cas d'accident au Bugey, par exemple, le plan d'évacuation concerne les quelques kilomètres alentours. Si, comme à Fukushima, la zone de contamination s'étend sur 40 km, comment fait-on pour évacuer Lyon ? » Contactée mercredi, la préfecture de région n'a pas souhaité s'exprimer sur le dispositif de protection du public prévu en cas d'incident, le plan Orsec étant « classé secret défense ». Mais Pierrick, administrateur du réseau antinucléaire, a une idée de la réponse. « Les préfets, qui sont les seuls autorisés à mettre en œuvre un plan d'évacuation, n'ont aucun indicateur qui leur servirait à prendre une décision en cas d'incidents », assure-t-il, soucieux de voir les vieilles centrales fermer. « Elles sont prévues pour durer entre 25 et 30 ans. Plus elles sont vieillissantes, moins elles sont fiables. Il faut accepter cette règle pour éviter la catastrophe. »