Contre-plongée sous les jupes des filles

Elisa Riberry-Frisullo

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Les modèles d'Hippolyte choisissent le lieu où elles posent.
Les modèles d'Hippolyte choisissent le lieu où elles posent. — C. Villemain / 20 minutesHippolyte

Elles sont minces, potelées, maigres ou obèses. Et posent dans des tenues sages ou sexy. Depuis un an, une soixantaine de Lyonnaises ont accepté de tomber le pantalon ou soulever la jupe aux quatre coins de la ville pour participer au projet « culotté » d'Hippolyte. Derrière l'objectif, cette jeune photographe de 20 ans immortalise ces instants d'abandon, où les corps seuls font vivre la photo. Dans les prochaines semaines, son travail, déjà présenté dans des magasins ou petits restos à Lyon et Paris, sera exposé dans une galerie de Montréal. Une véritable reconnaissance pour ce projet né un soir entre copines. « On a toutes posé en culotte et mis les photos sur mon profil Facebook », raconte Hippolyte. Très vite, une agence de communication lyonnaise les repère et incite la jeune fille, alors lycéenne, à pousser le concept un peu plus loin.

Les femmes à l'honneur
« J'étais convaincue qu'aucune femme n'accepterait de poser devant une inconnue en petite tenue. » Et pourtant, les appels s'enchaînent, entraînant la « chasseuse de culottes » dans les endroits les plus improbables. Les modèles, qui choisissent leurs dessous et les lieux où elles souhaitent poser, l'emmènent dans une laverie, sur les quais de Saône, à Fourvière et jusque dans le métro. « Cette fille était hyper à l'aise. Elle a attendu que la rame de métro pleine de gens arrive et a enlevé son pantalon », ajoute Hyppolyte, qui au-delà de la démarche purement artistique adore l'image que révèlent les femmes simplement en posant en dessous. « C'est un peu “Dis moi quelle culotte tu portes et je te dirai qui tu es”. Rien qu'aux dessous qu'elles choisissent ou à la pose qu'elles prennent, on devine leur personnalité », ajoute la photographe, soucieuse de mettre les femmes à l'honneur. Qu'ils soient ronds, sculptés, jeunes ou plus marqués, peu importe, « je veux montrer les corps dans leur diversité », explique Hippolyte qui ne désespère pas de faire prendre la pose à sa grand-mère. « Mais elle veut absolument porter une culotte des années 1900 qu'elle ne trouve pas… »