« Merck est en bonne santé et licencie »

Elisa Riberry-Frisullo

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Les salariés de Merck Santé et Serono, menacés de licenciements, ont débrayé lundi.
Les salariés de Merck Santé et Serono, menacés de licenciements, ont débrayé lundi. — C. Villemain / 20 minutes

Frédéric travaille depuis 23 ans chez Merck Santé. Mais sa carrière risque de toucher à sa fin plus tôt que prévu, sa société, filiale du groupe allemand Merck KGaA ayant lancé un plan de sauvegarde pour l'emploi. Comme lui, 200 employés de Merck Santé et Merck Serono (composée de visiteurs médicaux) ont débrayé une heure lundi. Ils se sont rassemblés rue Romain (8e) devant le siège des deux sociétés, où se tenait un comité central d'entreprise. « Plus de 200 postes sont concernés chez Merck Santé (380 salariés) et 93 chez Serono (290 salariés) », explique Françoise Bequet, de l'intersyndicale. «Aujourd'hui, notre société est en bonne santé mais licencie, déplore Frédéric, 60 ans. Selon les services, entre 20 et 50 % sont menacés car elle anticipe une baisse de sa rentabilité d'ici à trois ans ».

Préserver la compétitivité
Marc Werkling, de l'intersyndicale, confirme. « Ce plan est injuste. Il s'agit d'une restructuration boursière. L'an passé, Merck a réalisé un résultat net de 100 millions d'euros mais préfère redistribuer plus de 50 % de ses bénéfices aux actionnaires plutôt que de conserver des postes. » « Aujourd'hui, le médicament rime avec rentabilité et non plus qualité », déplore Françoise Bequet, déterminée à ce que les négociations avec la direction permettent de sauver davantage d'emplois. Autre impératif : obtenir des mesures d'accompagnement « correctes ». « Ce qui commence à nous être présenté pour les départs volontaires, les cessations anticipées d'activité, n'est pas conforme à ce qui se pratique dans les groupes pharmaceutiques », regrette Frédéric.
La direction, qui n'a pas souhaité s'exprimer, a fait savoir qu'en réalité, 176 postes sont concernés à Lyon par la réorganisation. Un plan destiné à « sauvegarder la compétitivité donc la pérennité » des sites sur un marché français « qui depuis 2011 subit une régression due à la baisse des prix et aux vagues de déremboursement » des médicaments. Un nouveau débrayage est prévu jeudi.