Le Grand Lyon aide les Roms chez eux

Caroline Girardon

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Bon nombre de Roms de Tinca sont déjà venus à Lyon dans l'espoir de trouver un emploi.
Bon nombre de Roms de Tinca sont déjà venus à Lyon dans l'espoir de trouver un emploi. — C. VILLEMAIN/20 minutes

Il y a encore un an, ils n'avaient pas l'électricité. Pour l'eau courante, les sanitaires, la salle de bains ou la cuisine, il faudra encore patienter. Dans la ville de Tinca, située au Nord Ouest de la Roumanie, près de la frontière hongroise, entre 1 500 et 1 800 Roms vivent dans une sorte de ghetto. Regroupés dans des maisons en pierre qu'ils ont construites eux-mêmes, ils sont tenus à l'écart du reste de la population. C'est là que le Grand Lyon a décidé de mener une action de coopération décentralisée, en concertation avec la municipalité de Tinca et le département de Bihor. « Nous avons commencé par leur apporter la lumière, explique Simon Virlogeux directeur de l'ONG Ville en Transition. A présent, nous construisons un établissement multifonctionnel qui comprendra des douches, une laverie mais aussi une crèche et une salle pour le soutien scolaire. »

« La solution

est dans leur pays »
« Il n'est pas question de les communautariser davantage mais au contraire, il s'agit de les sortir de la pauvreté », précise Hubert Julien-Lafferière, vice-président du Grand Lyon chargé de la coopération décentralisée. « Œuvrer à de meilleures conditions de vie va permettre de favoriser les liens avec les autres communautés, poursuit Simon Virlogeux. On n'est pas employable si on ne peut se laver ou porter du linge propre. » Le Grand Lyon souhaite que d'autres collectivités françaises s'investissent de la sorte. « L'ambition c'est d'intégrer les Roms dans leur territoire, développe Hubert Julien-Lafferrière. La solution est dans leur pays et eux-mêmes disent que c'est là qu'ils souhaitent vivre. L'idéal désormais serait que le gouvernement roumain les intègre pour éviter cette immigration forcée. » Car bon nombre d'habitants de Tinca ont déjà passé les frontières pour poser leurs valises quelque temps à Lyon dans l'espoir de trouver un emploi. Sur les 1 500 Roms recensés dans l'agglomération lyonnaise, plus de la moitié est originaire de Tinca et de ses alentours.