« Lyon est légitime pour l'emporter »

Elisa Riberry-Frisullo

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La ville défendra sa candidature le 15 octobre à Paris.
La ville défendra sa candidature le 15 octobre à Paris. — C. Villemain / 20 minutes

L'Hôtel-Dieu abritera-t-il la Cité internationale de la gastronomie? Lundi, lors du conseil municipal, le maire PS de Lyon a affiché un certain scepticisme quant aux chances de la ville de l'emporter le 15 octobre. Ce jour-là, devant la Mission française du patrimoine et des cultures alimentaires, Lyon défendra son dossier aux côtés de Beaune, Versailles, Tours, Dijon et Chevilly-Larue, également candidates pour accueillir la Cité. Un « espace d'effervescence et d'innovation consacré à la mise en valeur du patrimoine alimentaire », dont la création à Lyon nécessiterait un investissement de 15 et 20 millions d'euros par la mairie, favorable à un financement public-privé. Or, « je n'ai pas trouvé un seul investisseur qui veuille mettre de l'argent dans cette Cité de la gastronomie, car ils pensent qu'il n'y aura pas de retombées suffisantes », a déclaré lundi Gérard Collomb. Des doutes balayés par les restaurateurs lyonnais, Paul Bocuse en tête. « Je crois que le maire veut vraiment que ça marche, estime-t-il. Et Lyon est quand même la capitale de la gastronomie et a un environnement formidable. Elle est au centre de la France, a de beaux vignobles, une agriculture, des maraîchers de qualité, et une nouvelle génération de chefs prêts à prendre la relève. Cette cité serait une très bonne chose », indique le chef triplement étoilé contacté par 20 Minutes.

Des investisseurs attentistes
Pour le restaurateur Christian Têtedoie, qui a participé à l'élaboration du dossier de candidature avec l'adjoint Jean Michel Daclin, chargé des Relations internationales et du Tourisme, les chances lyonnaises ne font aucun doute. « C'est le meilleur dossier. Lyon est légitime pour l'emporter. Depuis toujours, la ville s'est engagée dans la vie culturelle gastronomique, elle a toujours eu un train d'avance. C'est elle qui a créé le réseau international des villes gourmandes, qui a été choisie pour accueillir l'institut culinaire Paul Bocuse, ajoute le chef, convaincu de l'intérêt que suscitera le projet auprès des investisseurs. Mais tant qu'on ne connaît pas la décision (de la mission), c'est très difficile que des gens vous assurent de leur soutien ».

Un déficit de communication ?

Le conseiller municipal UMP Emmanuel Hamelin a critiqué le maire de Lyon sur la mauvaise communication autour de la Cité. « Quand on se lance dans une compétition, on se donne les moyens de gagner ! Il aurait été utile de créer une grande mobilisation des Lyonnais sur cette candidature, par une communication adaptée (...) Les investisseurs seraient venus ».