« Obscuritas » : « J’ai adoré « Millenium », mais je rêvais d’un univers à moi » raconte David Lagercrantz

INTERVIEW David Lagercrantz évoque « Obscuritas », son nouveau roman paru, en octobre 2022 chez Harper Collins Noir

La liseuse heureuse membre de la communauté 20 Minutes Livres.
David Lagercrantz à Paris en 2013.
David Lagercrantz à Paris en 2013. — A. GELEBART / 20 MINUTES
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  • Aujourd’hui, David Lagercrantz évoque son nouveau roman, « Obscuritas », paru le 5 octobre 2022 aux Éditions Harper Collins Noir.

Julie « Musemanias Books » et Laure « La liseuse heureuse », contributrices du groupe de lecture 20 Minutes Books, vous recommandent « Obscuritas » de David Lagercrantz, qu’elles ont interviewées pour 20 Minutes et dont le livre est paru le 5 octobre 2022 aux Éditions Harper Collins Noir.

Leur interview :

Comment vous est venue l’idée d’intégrer le scandale des prisons secrètes américaines à votre récit ?

Je crois qu’il est très difficile de saisir l’époque dans laquelle on vit. Très tôt, j’ai eu cette envie de remonter le temps, trouver le point de non-retour. Le moment où tout a basculé. Après la guerre froide, mais aussi après le 11 septembre, j’ai eu le sentiment qu’il y avait une sorte d’espoir dans le monde. Que le monde était uni contre la malignité – puis quelque chose a très mal tourné. Les États-Unis ont abandonné tout principe juridique, croyant qu’ils pouvaient combattre le mal par le mal. Ce n’est pas possible. Vous vous retrouvez avec un résultat dévastateur. Soudain, l’espoir a disparu et a été remplacé par la polarisation et la haine entre le monde arabe et l’Occident. De plus, au fil du temps, j’ai compris que non seulement les tueurs en série suivent des schémas spécifiques, mais que la torture suit aussi des schémas culturels. Chaque culture utilisant sa propre méthode de torture, il est possible de distinguer chacune d’entre elles. L’idée que je pouvais créer un héros capable de reconnaître une méthode particulière et un schéma propre à une culture m’attirait.

Est-ce que vous revendiquez le fait que dans Obscuritas, on puisse ressentir l’influence de Millenium ? Par exemple, l’enquêtrice se nomme Micaela, elle est en duo avec un homme Hans, non policier. N’est-ce pas un clin d’œil à Millenium où l’enquêteur journaliste se nomme Michael et est en duo avec Lisbeth, non-journaliste ?

Chacun de mes livres est d’une manière ou d’une autre influencé par un autre. Après avoir marché dans les pas de Stieg Larsson, je me suis naturellement inspiré de lui. De plus, j’ai gardé quasiment le même schéma narratif que lui. Cependant, Micaela s’appelle Micaela simplement parce que j’aime ce prénom. Aussi, je crois que mes nouveaux personnages sont complètement opposés à Lisbeth et Mikael. Je les adorais, mais je les trouvais parfois trop sûrs d’eux, stables et arrogants. Hans et Micaela sont des êtres fragiles, brisés.

N’a-t-il pas été difficile de se détacher de l’extraordinaire Lisbeth pour créer son propre personnage ? Et plus généralement, est-ce que cela n’a pas été trop difficile de devoir quitter l’atmosphère Millenium ?

J’ai adoré la série Millenium et j’ai adoré en faire partie, mais je ne pouvais pas la poursuivre éternellement. Trois livres, c’était suffisant. Pendant tout ce temps, je rêvais d’un univers à moi, avec des personnages qui me ressemblent davantage. Je suis incroyablement heureux et fier d’avoir écrit ces trois livres et, ce faisant, d’avoir ouvert la voie à une autre suite. Cela dit, je me sens libéré à présent que je suis seul.

Savez-vous déjà dans combien de volumes vos lecteurs pourront suivre les aventures de Micaela et Hans ? Est-ce une trilogie qui est envisagée ou plus ?

Oui, je sais qu’il y aura cinq livres dans la série sur Micaela Vargas et Hans Rekke. Peut-être que j’écrirai autre chose entretemps ? Un ouvrage de non-fiction ou bien un roman littéraire ? Je crois en l’interaction littéraire. Alterner entre les différents genres m’aide à écrire.

Leur citation préférée :

Julia considéra la concentration grave du visage de Micaela en se demandant ce qu’elle venait de mettre en branle. Et pourtant… L’excitation ne disparaissait pas. Elle regrettait même de ne pas en avoir davantage à dire pour entretenir cette colère incandescente dans les yeux de Micaela.

Pourquoi ce livre ?

  • Parce que si vous êtes amateurs de littérature noire nordique, ce livre devrait vous plaire. C’est avant tout un roman d’ambiance, comme les auteurs venant du Nord savent s’y bien s’adonner. Mais pas seulement.
  • Parce que l’auteur, David Lagercrantz a eu l’idée brillante de mettre en œuvre des personnages librement inspirés d’Holmes et Watson en l’enquêtrice Micaela Vargas, policière ambitieuse et obstinée qui devra s’allier à Hans Rekke, psychologue talentueux mais tourmenté pour trouver le responsable de la mort de Jamal Kabir, un réfugié afghan.
  • Parce qu’un élément particulièrement attrayant dans cette enquête est le fait que l’auteur a adjoint des faits réels : comme, l’existence de prisons secrètes américaines pour des individus accusés de terrorisme après le 11 septembre disséminées dans le monde. Bien que j’adore me plonger dans des thrillers ou romans noirs qui soient des fictions, j’affectionne le fait de retrouver des circonstances avérées et que l’auteur mêle la réalité à son roman.
  • Parce que bien même si le football et la guerre ne sont pas vos sujets de prédilection, l’auteur réussira à éveiller votre intérêt, notamment grâce au personnage de Hans Rekke. La musique est au cœur de cette intrigue, c’est même incroyable d’avoir réussi à dresser ce pont musical entre le football et ses supporteurs et la guerre. Au fond peu importe la bataille, c’est toujours une histoire de vengeance et de victoire. Quiconque se passionne pour l’histoire ou l’espionnage sera totalement dans son élément avec cette lecture.

L’essentiel en 2 minutes

L’intrigue. Jamal Kabir est retrouvé mort après un match. Si un suspect est rapidement interpellé sa culpabilité semble peu évidente pour Micaela jeune policière. Rapidement évincée de l’enquête, elle se rapproche de l’éminent Professeur Hans Rekke à la fine psychologie pour mener une enquête en parallèle.

Les personnages. Jamal Kabir, la victime arbitre de football, Giuseppe Costa le suspect, Hans Rekke professeur et conférencier. L’équipe d’enquêteurs : commissaire Fransson, divisionnaire Martin Falkegren, les policiers Micaela Vargas, Lasse Sandberg et Jonas Beijer. Lucas le frère de Micaela, Viktor Malikov

Les lieux. Stockholm et sa banlieue cossue et ses quartiers défavorisés, son métro, ses bars de nuit, son stade de football et son hôtel de Police. Un transit dans le passé à Kaboul en 1997.

L’époque. Le roman débute en juillet 2003 et se termine en mai 2004.

L’auteur. Auteur suédois né en 1962, il est également journaliste. Marié et père de trois enfants. Il étudie la philosophie et la religion à l’université et sort diplômé de l’école de journalisme de Göteborg. Il est choisi pour reprendre la suite de la série Millénium.

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