«48h pour écrire»: Conseils de pros pour écrire vite et bien (et réussir le concours d'Edilivre)

Astuces Des écrivains pros et amateurs nous expliquent comment écrire rapidement, et si c’est si important que ça…

Thomas Weill

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Ecrire vite est une question d'instinct, de préparation... et d'habileté manuelle ?
Ecrire vite est une question d'instinct, de préparation... et d'habileté manuelle ? — R. Kakade/AP/Sipa

48 heures pour écrire une nouvelle, ça vous paraît court ? Il s’agit pourtant du défi que lance la maison d’édition Edilivre pour la cinquième année consécutive. Le principe de « 48h pour écrire » est simple. Ce vendredi 22 septembre à 19h, les participants prendront connaissance d’un thème, et ils auront jusqu’au dimanche à minuit pour soumettre leur participation. L’objectif, écrire vite, et bien.

Des « livraisons brutes ». Voilà ce que cherche David Stut, directeur général d’ Edilivre. Limiter son concours dans le temps « permet d’avoir une écriture qui vient toute seule, un texte brut, qui sort des tripes, pour lequel on n’a pas besoin de faire de la recherche ». Dans sa ligne de mire se trouvent les « pépites » que « ces contraintes peuvent révéler ».

La musique dans les oreilles et dans les mots

L’une d’entre elles est Laure Meste. Cette enseignante alsacienne a remporté le troisième prix ainsi que le prix du public lors de  sa première participation au concours en 2016. « Ce week-end-là, j’étais très occupée. J’ai écrit ma nouvelle en 1h30 », se souvient-elle. Son secret ? « Je me laisse envahir par l’inspiration et j’écris tout d’une traite. Puis je la laisse de côté et je la retravaille après. » Elle se fait aussi aider par des relecteurs parmi ses proches, et d’une bonne playlist. « Certaines musiques sont très inspirantes, j’écoute et une idée me vient ».

Cela vaut pour les nouvelles comme pour les romans. Pierre Pelot, à qui l’on attribue près de 200 romans (« autour de 195 » selon lui), recherche aussi la mélodie, mais il la trouve dans le texte. Riche de son expérience, il s’est rendu compte que « ça marchait comme ça, quand il y avait une musique intérieure » dans ses phrases et que l’important, donc, se trouvait dans le « choix des mots ». « Il doit y avoir un apprentissage », mais selon lui « ça passe par l’instinct plutôt que par une technique consciente ».

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Préparation, organisation et instinct

L’auteur chevronné nous livre tout de même un de ses secrets. « Déjà, on écrit dans sa tête. Quand je me mets à écrire une histoire, je la connais complètement. Je n’ai plus qu’à l’écrire. » Préparation, donc, ou « organisation » pour reprendre le terme employé par  Bertrand Latour, coach littéraire et lui-même auteur publié, mais l’idée reste la même. « Un roman il faut y réfléchir avant, avoir un plan, des grandes articulations, des intrigues secondaires, des personnages. » Et pour une nouvelle alors ? « Elle peut s’écrire d’un seul jet, de façon intuitive. Il n’y a pas vraiment de technique. »

Mais pour Bertrand Latour, au fond, écrire vite ne présente pas d’intérêt littéraire particulier. S’il n’exclut pas la possibilité de découvrir un talent par ce biais-là, il pense surtout que « c’est bénéfique dans le sens où ça met l’écriture à l’honneur. Mais l’art n’est pas un concours ». Et Pierre Pelot de corroborer. « Est-ce qu’il faut écrire vite ? Ce n’est pas obligatoire. L’important c’est d’écrire bien ». Rien ne sert de courir, il faut écrire à l’instinct.