Levez les yeux, Elitza Gueorguieva et «Les cosmonautes ne font que passer»

ROMAN Prenez deux minutes pour savoir si «Les cosmonautes ne font que passer» d'Elitza Gueorguieva est le livre qu’il vous faut…

Laurent Bainier

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«Les cosmonautes ne font que passer» d'Elitza Gueorguieva (Gallimard)
«Les cosmonautes ne font que passer» d'Elitza Gueorguieva (Gallimard) — 20 Minutes

Tous les jours de la semaine, la rédaction de 20 Minutes ou ses lecteurs vous proposent une idée de roman à dévorer ou à offrir. Aujourd’hui, Les cosmonautes ne font que passer d'Elitza Gueorguieva chez Gallimard (184 pages, 16,50€).

Une citation:

«Tu lui dis alors, tout en remettant la boîte de cure-dents à sa place, que tu aimerais aborder avec lui, afin de mieux décortiquer l’histoire de la conquête spéciale, quelques problématiques concrètes, à savoir: a) C’est quoi ? b) C’est où ? c) Comment peut-on participer ?»

Pourquoi choisir ce livre:

  • Parce que les cosmonautes ne font que passer, ne vous dérangez pas pour eux, plongez-vous plutôt dans ce récit drôle et décalé d’une pré-ado voyant son monde et le bloc soviétique s’effondrer depuis le petit appartement bulgare où elle se préparait à conquérir les étoiles.
  • Parce que lorsqu’on vous demandait, entre la poire et le Kiri: «Alors Jean-Luc, la chute du Mur, Rostropovitch qui joue du crin-crin, c’était la teuf ou bien?», vous vous essuyiez les babines et répondiez, serein: «Ah oui, c’est un grand oui.» Puis vous avez lu le roman d’Elitza Gueorguieva et vous vous contentez, désormais, d’un «C’est plus compliqué que ça.» 
  • Parce que l’héroïne est attachante. On l’abandonne à regret avant la fin de la transition démocratique mais on pressent qu’avec son imagination débordante et sa manie de tirer des plans de carrière sur la comète, elle s’en sortira mieux que la moyenne dans cette Bulgarie en recomposition.

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L’essentiel en 2 minutes:

L’intrigue. Pas évident de devenir cosmonaute quand on est une fille, qu’on vit en Bulgarie, qu’on n’a pas de parachute et qu’on a 7 ans. Qu’à cela tienne, l’héroïne n’entend pas ménager ses efforts. Mais le bloc de l’Est a beau avoir enfanté Gagarine, il a des problèmes d’espace et quand il fait tomber le Mur, l’univers de la petite fille bascule.

Les personnages. Autour de l’héroïne s’agitent un père un peu largué, une mère qui fume comme un philosophe français, un grand-père chasseur de fasciste et un chien dissident. Sans oublier cette petite peste de Constantza et sa poupée Barbie garantie authentique.

Les lieux. Une école, un immeuble, un bout de quartier tenu au cordeau jusqu’à ce que le régime prenne l’eau.

L’époque. De la Bulgarie de tonton Todor à celle des parrains du milieu, quelques années dans la vie d’une fille et d’un pays en pleine transformation.

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L’auteure. Elitza Gueorguieva signe avec Les cosmonautes ne font que passer un premier roman prometteur. Comme Gaël Faye, elle raconte les tourments du siècle passé d’une voix d’enfant. Comme Nina Yargekov, elle écrit son roman à la deuxième personne. Comme ces deux-là ou encore Leïla Slimani, elle est trentenaire et incarne, pour notre plus grand plaisir, le futur de notre littérature.

Fiche réalisée par la rédaction de 20 Minutes. Pour rejoindre notre club de lecture, surveillez notre rubrique livres. Plus d’infos prochainement…