Ça balançe à Beyrouth dans «Les Vies de papier» de Rabih Alameddine

ROMAN Prenez deux minutes pour savoir si «Les Vies de papier» de Rabih Alameddine est le livre qu'il vous faut...

Laurent Bainier

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«Les Vies de papier» Rabih Alameddine (Les Editions Escales).
«Les Vies de papier» Rabih Alameddine (Les Editions Escales). — 20 Minutes

Tous les jours de la semaine, la rédaction de 20 Minutes ou ses lecteurs vous proposent une idée de roman à dévorer ou à offrir. Aujourd’hui, «Les Vies de papier» de Rabih Alameddine chez Les Escales Editions (304 pages, 20,90€).

Une citation:

«Beyrouth est l’Elizabeth Taylor des villes : démente, magnifique, vulgaire, croulante, vieillissante et toujours en plein drame.»

Pourquoi choisir ce livre?

  • Parce que vous êtes bien placé, vous qui lisez cet article à la recherche d’un livre, pour comprendre l’amour fou de la littérature qui anime l’héroïne des Vies de papier. Aussi érudite que son créateur  Rabih Alameddine, elle se réfugie dans son grand-oeuvre de traductrice amatrice pour échapper à son quotidien morose.
  • Parce que Les Vies de papier donne à voir la situation, bien peu enviable, d’une divorcée sans enfant dans le Liban conservateur de la deuxième moitié du XXe siècle. A la culture immense de l’héroïne, autodidacte, répond l’ignorance crasse de ses proches, même les mieux instruits.
  • Parce que l’auteur, né en Jordanie de parents libanais, envoie avec ce roman une belle déclaration d’amour à la capitale libanaise. Beyrouth, l’invivable que l’héroïne n’a jamais songé quitter, est le cadre parfait pour cette plongée aux sources de la civilisation.
  • Parce que ce livre est aussi une incitation à en lire d’autres, plein d’autres. En glorifiant Pessoa, Cavafy ou Coetzee, Alameddine nous ouvre des pans entiers de littérature à explorer. 

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L’essentiel en 2 minutes:

L’intrigue. Tous les 1er janvier, au moment précis où la France fouille son armoire à pharmacie à la recherche d’une citrate de bétaïne, Aaliya s’installe au bureau de bois qui trône dans son petit appart libanais et entame la traduction d’un nouveau roman. Alors qu’elle s’apprête à choisir celui qui pourrait être le dernier, sa mère se rappelle à elle.

Les personnages. Aaliya a consacré sa vie à des traductions de roman qu’elle garde dans des boîtes en carton. C’est sa lubie, on ne juge pas. Il y a bien des gens qui font du running. Elle dit de la littérature qu’elle lui a permis de s’enfuir d’une vie (et là, c’est nous qui l’ajoutons) à tirer des larmes à un seau de charbon: mariée brièvement à un abruti impuissant, contrainte à vivre avec sa kalach' dans un appart délabré, à se faire chauffer par les tarés de la milice… Franchement, dans ces conditions, même un SAS, ça détend.

Les lieux. Beyrouth, l’autre grande dame de ce roman. L’auteur ne l’épargne pas, cette ville où l’on évalue les distances en tirs de mortier plutôt qu’en jets de pierre. Des camps de réfugiés au Musée national, chaque page ou presque est l’occasion d’une balade dans la Ville qui refuse de disparaître.

L’époque. Des années 1940 à nos jours, une trajectoire qui slalome entre les cessez-le-feu et les massacres pour la capitale libanaise, entre les livres et leurs traductions pour son habitante la plus lettrée.

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L’auteur. Américain d’origine libanaise, Rabih Alameddine a écrit Les Vies de papier en anglais, ce qui explique son prix Femina du roman étranger. Journaliste et peintre, il a déjà publié cinq autres romans, dont Koolaids.

Fiche réalisée par la rédaction de 20 Minutes. Pour rejoindre notre club de lecture, surveillez notre rubrique livres. Plus d’infos prochainement…