Passerez-vous le barrage du physio dans «Big John de Paname» de Big John?

RECIT Prenez deux minutes pour savoir si «Big John de Paname» de Big John est le livre qu'il vous faut...

Laurent Bainier

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Big John de Paname (Anne Carrière)
Big John de Paname (Anne Carrière) — 20 Minutes

Tous les jours de la semaine, la rédaction de 20 Minutes ou ses lecteurs vous proposent une idée de roman à dévorer ou à offrir. Aujourd’hui, Big John de Paname de Big John chez Anne Carrière (221 pages, 17€).

Une citation :

« Dans mon boulot, tout comportement est sujet à observation et à interprétation, et tout peut paraître suspect. Si mon instinct me dicte de recaler un client, j’ai toujours raison… même quand j’ai tort. »

Pourquoi choisir ce livre :

  • Parce que, fidèle à son habitude, Big John, portier du Baron, nous laisse sur le trottoir à nous peler les kiwis devant la studette jadis la plus sélecte de France. Coincé à l’extérieur de cette boîte de nuit confetti, on observe, au fil des 200 pages, les cols blancs trop serrés se faire rembarrer et les dépenaillés parader. S’il y avait encore un intérêt à tenter d’y pénétrer, on pourrait voir dans Big John de Paname une sorte de supersoluce de la porte d’entrée.
  • Parce que ce livre n’est pas un roman mais un vaudeville, comédie entrecoupée de ballets aux pas de bourrée. Les cocus pleurent, les minets mythonnent et le sang comme la bile coulent sur le trottoir. Les soirs de représentation, on joue La Peur des coups, Le Dindon ou Occupe-toi d’Amélie. Mais le théâtre de l’avenue Marceau n’est pas celui du boulevard : ici, le portier a un gant de velours et la lourde ne claque pas, quelques joues tout au plus les nuits d’impatience.
  • Parce que ce livre est aussi une autobiographie. Big John aurait dû finir en NBA mais Tony Parker n’avait pas de +1. Fils d’un malfrat et d’une charcutière, métis mi-ours, mi-nounours et re-mi-ours derrière, il est taraudé par la question identitaire, qu’il l’observe depuis son tabouret ou à l’aune de ses années d’adolescence. A lire ces deux parcours mêlés, on finit par se dire que la société française devrait changer son physio.

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L’essentiel en deux minutes :

L’intrigue. « Big John a toutes les qualifications requises pour avoir un boulot stable et une vie tranquille, mais il préfère vivre sa vie. Voilà pourquoi il se retrouve vigile au Double Deuce… » Ah non, ça c’est Road House. Et des Patrick Swayze, on en cale deux ou trois, facile, dans le costard de notre portier.

Les personnages. Amateurs de potins de stars, passez votre chemin ! Il n’y a qu’à Hollywood Boulevard que les étoiles traînent sur le trottoir. Dans ce livre, on croise surtout des recalés, erreurs du casting de la soirée.

Les lieux. A côté du Picard de l’avenue Marceau, où même à 2 heures du mat’, on avait plus de chance d’entrer.

L’époque. De nos jours mais surtout de nos nuits, celles dont on se souvient la larme à l’œil en retrouvant un reçu de CB.

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L’auteur. Ex-basketteur pro du PSG Racing, passé par Washington, Cognac et le parking de quelques boîtes de banlieue, Big John a compilé pendant plusieurs années ses souvenirs de Cerbère. Big John de Paname est son premier livre.

Fiche réalisée par la rédaction de 20 Minutes. Pour rejoindre notre club de lecture, surveillez notre rubrique livres. Plus d’infos prochainement…