«Une bouche sans personne» de Gilles Marchand nous parle d'une vie incroyable

ROMAN Prenez deux minutes pour savoir si «Une bouche sans personne» de Gilles Marchand est le livre qu'il vous faut...

Thomas Weill

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«Une bouche sans personne» de Gilles Marchand (Aux Forges de Vulcain)
«Une bouche sans personne» de Gilles Marchand (Aux Forges de Vulcain) — 20 Minutes

Tous les jours de la semaine, la rédaction de 20 Minutes ou ses lecteurs vous proposent une idée de roman à dévorer ou à offrir. Aujourd’hui, Une bouche sans personne de Gilles Marchand chez Aux Forges du Vulcain (260 pages, 17€).

Une citation :

« Il y a aussi un contorsionniste et un montreur d’ours. Mais son ours n’a pas pu passer les tourniquets d’entrée… alors il a juste la laisse à qui il fait faire des tours franchement pas terribles. Certains sont tout de même impressionnés : on a beau dire, un montreur d’ours, c’est quelque chose. »

Pourquoi choisir ce livre ?

  • Parce qu’on se laisse prendre au jeu de l’imaginaire délirant du narrateur qui cache un traumatisme douloureux, et qu’on finit par rêver avec lui.
  • Parce qu’on sourit trop peu souvent des petites inepties du quotidien, des boulangères qui parlent toujours au futur (« Et avec ça vous prendrez ? »), du comportement étrange des mouches sur un mur, ou du fait que l’on demande toujours où sont les toilettes alors que tout le monde sait qu’elles se situent au fond à gauche.
  • Parce qu’en nous faisant voyager entre la vie routinière et teintée d’imaginaire de son personnage et l’histoire que celui-ci raconte, l’auteur rythme efficacement le récit.

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L’essentiel en 2 minutes :

L’intrigue. Le mystérieux narrateur raconte à ses amis, qu’il retrouve presque quotidiennement dans un bar miteux, pourquoi il porte toujours une écharpe afin de masquer une cicatrice sur son visage. S’ensuit un récit touchant, entremêlé de passages narrant une routine rocambolesque digne du film Eternal Sunshine of the Spotless Mind. Et le lecteur finit par devoir démêler le vrai du faux dans le récit du narrateur et dans le récit de l’auteur. Attention au brusque atterrissage.

Les personnages. Le narrateur, Thomas et Sam, ses amis du bar, la tenancière Lisa de laquelle les trois sont amoureux, une mouche dansant sur les murs, un voisin qui construit des forteresses de poubelles, la dame au chien, un orchestre, des jongleurs tibétains, un orchestre tzigane, un trapéziste qui s’écrase, et surtout, le grand-père du narrateur.

Les lieux. Le bar où travaille Lisa, qui se remplit de jour en jour d’un public massif venu écouter le récit du narrateur, mais aussi l’immeuble de ce dernier, progressivement envahi par des poubelles qui finissent par devenir la scène d’un récit imaginaire. Et enfin, de temps en temps, l’entreprise où le narrateur est comptable et où les salariés s’inquiètent au point de ne plus pouvoir travailler quand le technicien tarde à venir réparer la fontaine à eau.

L’époque. Plus ou moins le présent, plus ou moins le passé. On navigue entre un aujourd’hui non défini et les souvenirs d’enfance racontés par le personnage principal.

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L’auteur. Né à Bordeaux en 1976, Gilles Marchand signe avec Une bouche sans personne son premier roman en solitaire. Il est chroniqueur pour le site k-libre et rédacteur pour le Who’s Who.

Fiche réalisée par la rédaction de 20 Minutes. Pour rejoindre notre club de lecture, surveillez notre rubrique livres. Plus d’infos prochainement…