Avec son second roman «Chanson douce», Leïla Slimani nous confie à une nounou d'enfer

LIVRE Prenez deux minutes pour savoir si «Chanson douce» de Leïla Slimani est le livre qu'il vous faut...

Laure Beaudonnet

— 

Chanson douce de Leïla Slimani (Gallimard).
Chanson douce de Leïla Slimani (Gallimard). — 20 Minutes

Tous les jours de la semaine, la rédaction de «20 Minutes» ou ses lecteurs vous proposent une idée de roman à dévorer ou à offrir. Aujourd’hui, Chanson douce de Leïla Slimani chez Gallimard (240 pages, 18€).

Une citation :

« "Arrête Louise, tu m’étouffes". L’enfant essaie de se dégager de cette étreinte, elle remue, donne des coups de pied mais la nounou la tient fermement. Elle colle ses lèvres contre l’oreille de Mila et elle lui dit, d’une voix calme et glacée : "Ne t’éloigne plus jamais, tu m’entends." »

Pourquoi choisir ce livre ?

  • Parce que cette dark Mary Poppins nous aspire progressivement dans son cauchemar psychologique, dont on lape chaque détail jusqu’à la dernière page. Et parce que, si on aime les romans sombres sur une nature humaine duplique et parfois terrifiante dans la veine de Claustria de Régis Jauffret ou D’après une histoire vraie de Delphine de Vigan, on est servis.
  • Parce que, cette fois, Leïla Slimani dissèque de manière quasi scientifique le passage à l’acte meurtrier de Louise, une nounou aux mille recommandations qui s’installe petit à petit dans l’intimité de Myriam et Paul, laissant éclore au fil de l’intrigue sa part la plus obscure.
  • Parce que dès la première page, on veut comprendre comment Louise passe de la parfaite fée du logis, douce et aimante, à l’immonde sorcière maltraitante et meurtrière que l’on soupçonne dès les premières lignes (somptueusement écrites, soit dit en passant).

>> A lire aussi : Régis Jauffret compile dans « Cannibales » le courrier de deux timbrées anthropophages

L’essentiel en 2 minutes :

L’intrigue. Elle tient sur un mouchoir de poche mais n’en demeure pas moins efficace. Mila et Adam sont retrouvés morts (ou presque). Leur nounou, à côté, a tenté de se suicider, mais « la mort, elle n’a su que la donner ». Pourquoi Louise, décrite comme « une fée », est-elle passée à l’acte ? Pourquoi maintenant, alors qu’elle a laissé un souvenir immaculé à toutes les familles à qui elle a proposé ses services ? Qui se cache derrière son masque de perfection ? C’est tout l’enjeu de ces 200 pages.

Les personnages. On est très loin de la cinquantaine de protagonistes des romans de Dostoïevski. Dans Chanson douce, on a deux parents qui s’aiment, Myriam et Paul, deux enfants en bas âge, Mila et Adam, et, comme on peut s’y attendre, une nounou : la fameuse Louise.

Les lieux. On reste surtout à Paris, dans l’appartement familial du 18e arrondissement. On part un peu en Grèce, mais pas longtemps.

>> A lire aussi : « Dans l’Autre qu’on adorait », Catherine Cusset se penche délicatement sur le suicide d’un de ses amis

L’époque. Ca évoque le traitement du terrorisme à la télévision… autant dire que ça se passe maintenant.

L’auteur. Leïla Slimani nous avait intrigués en 2014 avec son premier roman Dans le jardin de l’ogre, où elle analysait les sentiments ambivalents d’une jeune journaliste dépassée par son addiction au sexe. Du haut de ses 35 ans, l’auteure s’empare d’un nouveau sujet difficile : l’infanticide. En deux ans, elle a épanoui son style, plus assuré, plus précis. On attend avec impatience le prochain roman. Dans deux ans ?

Fiche réalisée par la rédaction de 20 Minutes. Pour rejoindre notre club de lecture, surveillez notre rubrique livres. Plus d’infos prochainement…