Pour son premier roman, Line Papin propose un «Eveil» poétique et enflammé

ROMAN Prenez deux minutes pour savoir si L’Eveil de Line Papin est le livre qu'il vous faut...

Laurent Bainier

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L’Eveil de Line Papin chez Stock
L’Eveil de Line Papin chez Stock — 20 Minutes

Tous les jours de la semaine, la rédaction de 20 Minutes ou ses lecteurs vous proposent une idée de roman à dévorer ou à offrir. Aujourd’hui, L’Eveil de Line Papin chez Stock (256 pages, 18,50€)

Une citation :

« J’ai toujours cru qu’il me faudrait quelqu’un de cassé pour comprendre mes brisures : je me suis trompée. Brisures sur brisures, nous nous enchevêtrerions dans le fracas. »

Pourquoi choisir ce livre ?

  • Parce que L’Eveil décortique avec sensibilité une histoire d’amour dévastatrice entre quatre jeunes occidentaux dans la moiteur du Vietnam.

  • Parce que l’auteur a à peine 21 ans et que la rentrée littéraire raffole des jeunes prodiges.
  • Parce que cette initiation amoureuse dans la moiteur d’Hanoï a excité les critiques qui voient en Line Papin la nouvelle Duras.
  • Parce qu’au-delà du thème (vaguement) proche de l’Amant, de la mécanique du récit qui peut convoquer, chez les plus imaginatifs, celle de Savannah Bay, on imagine que l’écrivain va vite se lasser de la comparaison, elle qui lorgnait sans doute davantage Kafka, ses Lettres à Milena et son commerce avec les fantômes.
  • Parce que L’Eveil se mérite, qu’il faut passer outre les premières descriptions, la « chaleur à moustiques » qui tombe des charmilles et « l’air languissant du vin pourpre », pour en découvrir les trésors.

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L’essentiel en 2 minutes :

L’intrigue. Au sous-sol de l’ambassade d’Australie à Hanoï, Juliet a entreposé le corps de son homme. Il bouge encore mais son esprit s’en est allé, aspiré par une histoire d’amour désespérante.

Les personnages. Trois amoureux perdus dans le coaltar malgré leur poto qui tient la chandelle. Sociopathes ? On ne sait pas mais hépatopathes, c’est sûr. Le héros trimballe un regard jaune, son ex a les gamma-gt qui s’affolent, et toute la petite bande n’a plus foi en grand-chose.

Les lieux. Hanoï. Au centre du récit, un restaurant pour Français, autour duquel gravitent quatre expats. Si la seule image qui vous vient en tête est le Kaboul Kitchen, vous vous êtes sans doute trompé de bouquin.

L’époque. Après l’arrivée de Segafredo au Vietnam. Vraisemblablement avant celle de Tinder.

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L’auteur. De Line Papin, on ne sait pas encore grand-chose. Née à Hanoï, 20-21 ans, étudiante en histoire de l’art, vit à Paris, a vu Le Mépris, n’arrêtera pas d’écrire après ce premier roman, ce serait vraiment dommage.

Fiche réalisée par la rédaction de 20 Minutes. Pour rejoindre notre club de lecture, surveillez notre rubrique livres. Plus d’infos prochainement…