Arnaud Le Guilcher sert son «Capitaine Frites» à la sauce Audiard

ROMAN Prenez deux minutes pour savoir si Capitaine Frites d'Arnaud Le Guilcher est le livre qu'il vous faut...

Laurent Bainier

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Capitaine frites, Arnaud Le Guilcher, Robert Laffont
Capitaine frites, Arnaud Le Guilcher, Robert Laffont — 20 Minutes

Tous les jours de la semaine, la rédaction de 20 Minutes ou ses lecteurs vous proposent une idée de roman à dévorer ou à offrir. Aujourd’hui, Capitaine Frites d’Arnaud Le Guilcher chez Robert Laffont (336 pages, 19,50€)

Une citation :

« Evidemment, je ne te dis pas que c’est facile. Cette mission est un pari et tu rencontreras bien des obstacles. L’Afrique, Arthur. L’Afrique ! »

Pourquoi choisir ce livre ?

  • Parce qu’une histoire de couple qui se déchire, on connaît. Mais une histoire de couple qui se déchire à la vodka et entraîne à sa suite un pays d’Afrique dans le chaos, ça c’est inédit.
  • Parce qu’on ne cherchait pas un livre sage et qu’on est servi. Tout est démesure dans ce roman de Le Guilcher : la galerie de clampins qui entoure le héros, l’apocalypse conjugal, l’Afrique d’opérette où il campe sa comédie…
  • Parce que l’intrigue est actuelle mais la plume, elle, semble surgir des années 60. On ferme les yeux et on imagine Blier s’engueuler avec des rastas blancs ou Ventura tabasser des vendeurs de choux kale.
  • Parce qu’Eric Chevillard ne sort rien à la rentrée de septembre et qu’on retrouvera dans ce Capitaine frites un Arthur Chevillard en personnage principal (on se console comme on peut) ainsi que 330 pages d’humour grinçant et de bons mots qui nous feront patienter sans orang outan mais avec des tamanoirs.

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L’essentiel en deux minutes

L’intrigue. Fuyant Morgane, son dragon de femme, Arthur a quitté la France pour aller planter des poissons et ses pieds nickelés dans un fleuve africain. Las, l’Afrique n’est jamais qu’à quelques heures d’avion de Paris et Morgane ne manque pas de ressources.

Les personnages. Un couple légèrement dysfonctionnel, des bras cassés à la pelle et à la scie égoïne, un président haut perché. Quant à Michel Sardou, qui nous a déjà régalés, en cette rentrée, en book-bombant le livre de Bied-Charreton, il signe là définitivement son retour sous les projecteurs.

Les lieux. Le Konghia, entre Kaamelott et Botswanga, un petit pays d’Afrique encore à l’écart des routes touristiques mais bien placé sur la roadmap du groupe pétrolier Motal.

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L’époque. A ce moment de l’histoire contemporaine où porter un t-shirt « Giscard à la barre » fait bien marrer les Occidentaux mais pas encore les Africains.

L’auteur. On a vaguement honte de l’avouer mais on n’avait encore rien lu d’Arnaud Le Guilcher, le romancier breton qui monte. Ses quatre premiers livres lui ont pourtant valu de beaux succès en librairie et de nombreux éloges. Après cette première rencontre réussie, on sait ce qu’il nous reste à faire…