Dans «California Girls», Simon Liberati fait revivre la folie meurtrière de la Famille Manson

ROMAN Prenez deux minutes pour savoir si California Girls de Simon Liberati est le livre qu'il vous faut...

Laurent Bainier

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California Girls de Simon Liberati (Grasset)
California Girls de Simon Liberati (Grasset) — 20 Minutes

Tous les jours de la semaine, la rédaction de 20 Minutes ou ses lecteurs vous proposent une idée de roman à dévorer ou à offrir. Aujourd’hui, California Girls de Simon Liberati chez Grasset (342 pages, 20€)

Une citation :

« Ces deux-là avaient l’aura de la Californie idéale, un parfum d’extase, de rock’n’roll et de noix de coco synthétique… le cool méprisant que Charlie voulait exterminer. »

Pourquoi choisir ce livre ?

  • Parce que ce livre coupe l’appétit et que ça ne peut pas nous faire de mal après les excès de table estivaux. En décrivant par le menu, le quintuple assassinat de Cielo Drive commis par les disciples de Charles Manson en 1969, Liberati n’épargne rien au lecteur de ces crimes si bestiaux que l’un des égorgeurs en développa un tennis elbow.
  • Parce qu’on ne connaissait la culture Peace and Love qu’à travers le corner hippie chic d’Asos. Et c’est un choc. La description des filles de la famille Manson, girls scouts pouilleuses à peine sortie du stade oral, file la nausée. Entre maladies vénériennes, obsession freegan et passion pour les buvards, le ranch Spahn tient plus de la décharge grouillante de vermines que du rainbow gathering.
  • Parce qu’une fois California Girls terminé, on se jette sur le Net pour boucher les trous volontairement laissés dans le récit, en savoir plus sur le Helter Skelter, les grands crus LSD de Nick Sand ou les ravages de la gonorrhée. Et on comprend enfin l’intérêt de la navigation privée sur Chrome.

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L’essentiel en deux minutes :

L’intrigue. California Girls nous fait vivre, en compagnie de la Manson Family, les heures qui ont précédé et suivi le meurtre de Sharon Tate, l’épouse, enceinte de 8 mois, de Roman Polanski, et des quatre personnes présentes ce soir-là dans sa villa des hauteurs de LA.

Les personnages. Une armée de zombies, paumés et attardés, entourant un gourou d’1,54 m et semant la mort chez les bourgeois angelenos. Autour d’eux des noms pop : Roman Polanski, Dennis Wilson, les Beatles, Janis Joplin…

Les lieux. Los Angeles, cité des anges et des hippies démoniaques. De Venice et son carnaval de freaks aux hauteurs de Beverly Hills où les friqués vivent, plus pour longtemps, sans barbelés.

L’époque. Du 8 au 10 août 1969, 36 heures de sauvagerie qui sonnent la fin du Summer of Love.

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L’auteur. Quand en 2011, Simon Liberati décrocha le Femina avec l’excellent Jayne Mansfield 1967, il évoqua une première fois le livre sur la mort de Sharon Tate qu’il projetait d’écrire. A l’époque, il expliquait l’avoir abandonné parce que Roman Polanski était toujours vivant. Polanski est toujours en vie. Il n’y a que les morts qui ne changent jamais d’avis.

Fiche réalisée par la rédaction de 20 Minutes. Pour rejoindre notre club de lecture, surveillez notre rubrique livres. Plus d’infos prochainement...