Avec «Repose-toi sur moi», Serge Joncour place l'amour dans un contexte volatil

ROMAN Prenez deux minutes pour savoir si Repose-toi sur moi de Serge Joncour est le livre qu'il vous faut...

Laurent Bainier

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Repose-toi sur moi de Serge Joncour (Flammarion)
Repose-toi sur moi de Serge Joncour (Flammarion) — 20 Minutes

Tous les jours de la semaine, la rédaction de 20 Minutes ou ses lecteurs vous proposent une idée de roman à dévorer ou à offrir. Aujourd’hui, Repose-toi sur moi de Serge Joncour chez Flammarion (432 pages, 21€)

Une citation:

«Il est complètement paumé dans cette métropole à laquelle il ne comprend rien, la Seine c’est son seul repère, l’unique faisceau de nature libre, et elle-même n’en finit pas de quitter Paris.»

Pourquoi choisir ce livre?

  • Parce que depuis son dernier livre, L’Ecrivain national, où  il nous contait par le menu les vicissitudes du quotidien d’un romancier en résidence à la campagne, entre salles de dédicaces vides et travaux de vague intérêt général, on s’était juré qu’on ne laisserait plus jamais Serge Joncour seul.
  • Parce qu’il est question ici d’un campagnard en résidence à Paris et que le choc des cultures y est au moins aussi savoureux.
  • Parce qu’il n’y a pas qu’au nord du Mur qu’on a peur des corbacks. L’ornithophobie est une angoisse courante chez les urbains et les vers de terre et le héros nous fait découvrir un traitement carabiné.
  • Parce que ce roman nous parle de mains tendues, d’un bonjour au voisin qui se transforme en aventure. A la fin de ce beau récit, on ne sait plus qui, du géant testostéroné ou de la Parisienne proche du burn-out, prononce le «Repose-toi sur moi» qui orne la couverture.

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L’essentiel en deux minutes:

L’intrigue. Sorte d’Atanase Périfan élevé aux hormones, Ludovic, veuf lotois, se plie en quatre pour aider ses voisins. Aussi, quand il découvre que sa voisine d’en face, belle bourgeoise angoissée, est terrorisée par les corbeaux qui squattent la cour, il sort son fusil et tire un trait sur sa vie d’avant.

Les personnages. Les Lannister paient toujours leurs dettes mais pour les autres, il y a Ludo, rugbyman-farmer reconverti dans le recouvrement musclé. Face à lui, Aurore Dessage, créatrice de mode tellement obsédée par les piafs qu’elle n’a pas conscience de se faire pigeonner.

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Les lieux. Paris, où Ludo n’arrive pas à être quelqu’un et une ferme dans la Vallée du Célé, où il n’est plus personne. Dans un cas comme dans l’autre, il ne peut s’empêcher de s’occuper des oignons des autres.

L’époque. L’année où il a fait froid et gris en hiver à Paris.

L’auteur. Bardé de prix (dernier en date le Prix des Deux Magots 2015), adoubé par le ciné, Serge Joncour en est à son dixième roman publié, pas vraiment un perdreau de l’année.

Fiche réalisée par la rédaction de 20 Minutes. Pour rejoindre notre club de lecture, surveillez notre rubrique livres. Plus d’infos prochainement...