Avec «14 juillet», Eric Vuillard fait défiler les oubliés

ROMAN Prenez deux minutes pour savoir si 14 juillet d'Eric Vuillard est le livre qu'il vous faut...

Laurent Bainier

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Eric Vuillard, 14 juillet, Actes Sud
Eric Vuillard, 14 juillet, Actes Sud — 20 Minutes

Tous les jours, la rédaction de 20 Minutes ou ses lecteurs vous proposent une idée de roman à dévorer ou à offrir. Aujourd'hui, 14 juillet d'Eric Vuillard chez Actes Sud (208 pages, 19€)

Une citation :

Il faut écrire ce qu’on ignore. Au fond, le 14 Juillet, on ignore ce qui se produisit. Les récits que nous en avons sont empesés ou lacunaires. C’est depuis la foule sans nom qu’il faut envisager les choses.

Pourquoi choisir ce livre ?

  • Parce qu’on va lancer, dans le courant de la semaine, une pétition sur Change.org pour qu’Eric Vuillard, magistral dans ce nouveau roman, écrive TOUS les manuels d’histoire à venir.
  • Parce qu’en énumérant pendant 10 pages plus proches du sublime que du bottin les noms d’oubliés qui ont fait le 14 juillet, l’auteur prend le contre-pied de Michelet et rend définitivement la Bastille aux Français.
  • Parce qu’on a besoin, en ces temps de Grande Peur et de poteau de Gignac, d’un glorieux récit national pour nous redonner le goût des aventures collectives.
  • Parce qu’en mars 2008, on a claqué 385 euros dans un Littré en 20 volumes + 6 suppléments thématiques et qu’on trouve enfin, dans ce récit de 200 pages à la prose « riche » (à prononcer en mimant les guillemets), une occasion de le rentabiliser.

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L’essentiel en deux minutes

L’intrigue. Ah, l’intrigue ! Il y a fort à parier que Mme Ducreux, votre prof d’histoire de 4e, vous l’ait spoilée. Mais disons qu’en ce 14 juillet 1789, tout ce que la capitale compte de badass et de traîne-patins s’est mis en tête de toucher de la poudre à Bastoche. Bernard-René, le taulier, ne l’entend pas de cette oreille. Les kébabiers tirent le rideau de fer. Les skateurs plient boutique. Tension !

Les personnages. On en trouve douze à chaque page, des tapineuses du port au Bled à Madame Déficit. Vuillard s’attache particulièrement à redonner sa grandeur au petit peuple de Paris, inventant des visages à ceux qui n’ont laissé aucune trace, pas même sur Copains d’avant.

Les lieux. Grosso modo au niveau de l’arrêt de bus Bastille-Saint Antoine, là où on a mangé, samedi dernier, notre panini pesto en attendant le Noctilien N11 à défaut de Grand soir.

L’époque. Un 14 juillet, avant que ce ne soit férié, ce qui est dommage vu que ça tombait un mardi et qu’en posant une RTT le lundi, tout le monde aurait eu 4 jours pour souffler un peu et relativiser.

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L’auteur. Après la Première guerre mondiale (La Bataille d’Occident), la colonisation de l’Afrique (Congo), la conquête du Pérou (Conquistadors) et la naissance du show-business (Tristesse de la terre), Vuillard continue à réinjecter l’homme au cœur de l’Histoire. Et il le fait de mieux en mieux…

Fiche réalisée par la rédaction de 20 Minutes. Pour rejoindre notre club de lecture, surveillez notre rubrique livres. Plus d’infos prochainement...