Attentats à Paris: «Dawa», un roman écrit en 2014 raconte les attaques terroristes de Paris

LIVRES En 2014, Julien Suaudeau a écrit « Dawa », un roman qui raconte les six attaques terroristes de djihadistes à Paris, un vendredi 13…

C.W.

— 

La couverture du livre «Dawa» de
La couverture du livre «Dawa» de — ©Robert Laffont

Une incroyable coïncidence. En 2014, Julien Suaudeau publie son roman Dawa chez Robert Laffont, un polar sociopolitique noir et puissant qui nous emmenait dans les banlieues, les bureaux de la DGSI, et sous les ors de la République. L’histoire? Six attaques terroristes simultanées, en plein cœur de Paris, un vendredi 13. Son auteur a réagi auprès de L’Obs sur ce scénario catastrophe qui a tragiquement rejoint la réalité vendredi dernier avec les attentats perpétrés à Paris.

>> A lire aussi : Michel Houellebecq rend Hollande responsable des attaques

« Je pressentais que quelque chose comme ça arriverait tôt ou tard en France »

Depuis 2006, Julien Suaudeau vit aux Etats-Unis, d’où il a pris connaissance des attentats de Paris la nuit du vendredi 13 novembre. « Dans les quelques secondes qui se sont écoulées avant que les mots « attaques » ou « attentats » apparaissent sur l’écran de ma tablette, j’ai pensé : nous y sommes. Le scénario catastrophe que j’avais imaginé dans mon livre était devenu réalité, avec des victimes réelles, des bombes réelles et des tueurs réels », écrit-il dans L’Obs.

Médusé par ce tragique flot d’actualité, l’écrivain et professeur de français outre-Atlantique, confie ne pas avoir été si surpris par ces attaques terroristes. « Je pourrais faire semblant et me raconter qu’on ne sait jamais ce qu’on écrit. «Vous voyez, je vous l’avais bien dit» : je sais ce que ce discours a d’intenable, d’inaudible, aujourd’hui plus que jamais », explique-t-il, « mais la tragédie n’oblige pas au mensonge. Je pressentais que quelque chose comme ça, de cette nature et de cette envergure, arriverait tôt ou tard en France. Dawa, ce pavé noir, n’était pas un polar de politique-fiction ; c’était ma façon de prévenir ».

« Nous ne sommes plus que des personnages »

S’il reconnaît avoir voulu sensibiliser grâce à ce récit, Julien Suaudeau explique ne jamais avoir envisagé que la trame de son roman puisse devenir réalité. « Je ne voulais pas être prémonitoire, prophétique, visionnaire. Je voulais, avec le recul que me donnait la distance géographique, saisir ma France dans toutes ses convulsions, à tous les étages de la société », précise-t-il.

Attristé par cette sanglante et tragique actualité, l’écrivain semble désormais plutôt pessimiste. « Ce sont les terroristes de vendredi soir qui ont créé la réalité où nous vivons désormais. Ils ne nous laissent pas le choix : nous devons vivre dans ce cauchemar qu’ils ont créé de toutes pièces, la mort au-dessus de nos têtes, le chagrin au cœur et la peur au ventre. Sous la terreur, nous ne sommes plus que des personnages et nous nous agitons au bout d’un fil qu’une main aveugle peut couper quand bon lui semble ».

«Le Français», son autre roman sur le terrorisme paru à la rentrée

En 2015, un an après la sortie de Dawa, à quelques semaines des attentats de Paris, Julien Suaudeau a publié chez Robert Laffont Le Français, que 20 Minutes conseillait aux férus d'actualité fin septembre. Le pitch: un jeune des quartiers sensibles d’Evreux s’enfonce dans la dérive djihadiste et devient le bourreau d’otages occidentaux. Un livre coup de poing dédié «à ceux qui crèvent» et qui se termine en apothéose cauchemardesque.