MC Jean Gabin sort «A l'Est», son deuxième livre sur fond de polémique

AUTOFICTION MC Jean Gabin raconte sa vie dans le milieu du banditisme de Berlin à Chicago dans son deuxième ouvrage, tandis qu'il est accusé d'avoir collaboré avec un auteur sans l'avoir mentionné pour le premier...  

Dolores Bakela

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Mc Jean Gabin en 2013
Mc Jean Gabin en 2013 — BALTEL/SIPA

« La mort de ma mère est ma plus grande blessure », MC Jean Gabin. Le rappeur connu avec le titre J’T’emmerde, que l’on rencontre chez son éditeur parisien, avait évoqué ce drame, -son père l’a assassinée — dans Sur La Tombe de ma mère, son premier ouvrage. Il y dévoilait, dans une langue vive et argotique, sa vie de gamin placé par l’Aide Sociale à l’Enfance. MC Jean Gabin s’y dépeint braqueur et membre du gang des Requins Vicieux, voyou en France et en Allemagne, où il finit en prison.

Le « rapauteur » récidive avec À L’Est, en librairies ce jeudi, lui qui n’avait pas envisagé à l’origine de faire un autre livre. « J’ai fait en sorte de ne pas tout raconter dans le premier qui couvre 41 ans de ma vie, -il en a 48-, pour me centrer sur mes 21- 22 ans », dit-il soulignant son goût pour faire les choses à l’envers.

La "plume orale" de Mc Jean Gabin fait toujours mouche

A l’Est n’est pas une suite, « mais une avant-suite », un condensé de trois mois de l'année 1988, où Charles, le vrai nom du rappeur, baroude avec ses compagnons en Allemagne de l’est, en Turquie et à Chicago, toujours à la recherche de sa liberté et de « l’oseille ». Est-ce le second tome d’une trilogie ? « Si on suit la logique, je devrais faire un troisième livre sur ma vie passée la quarantaine, ou parler plus des Requins Vicieux, l’histoire n’a pas  tant été racontée que ça », soumet-il, un sourire en coin.

Comme Sur La Tombe de ma mère, le texte d’A L’Est est émaillé d’argot, de mots allemands, turcs, d’expressions imagées qui font mouche (« J’étais tendre comme un brownie, dur à l’extérieur mais moelleux à l’intérieur ») et serait le candidat parfait pour une adaptation en série ou au cinéma. Il s’ouvre et se referme sur l’évocation de sa fille.

La polémique du ghostwriting

« On se voit mais on reste des étrangers », confesse-t-il, lui qui a évolué entre casses et années de prison pendant l'enfance de sa petite, désormais âgée de 25 ans. MC Jean Gabin regrette aussi de ne pas avoir été auprès de sa famille, de ses frères, de sa jumelle. Auprès de tous, sauf de son père : « Je ne lui pardonnerai jamais. » A l’Est est aussi plus difficile à lire. Est-ce dû aux multiples péripéties, personnages, lieux qui parsèment le récit ou à un changement de collaborateur pour l’écriture et donc de style ?

Julien Gangnet a clamé avoir été ghostwriter pour la rédaction de Sur La Tombe de ma mère dans un article publié sur Vice. MC Jean Gabin avait par ailleurs évoqué le fait d’avoir eu recours à des collaborateurs. « J’ai fait appel à plusieurs personnes. Déjà, je sais pas taper au clavier. J’avais pas les burnes, ou la gamberge adéquate, pour me dire comment j’allais mettre tout ça sur une nappe », avait-il confié dans un entretien pour CaptchamagCe qu’il dément fermement aujourd'hui : « J’ai écrit mes deux bouquins. Le reste, ce n’est pas mon problème. » Une procédure judiciaire est en cours. Rendez-vous donc dans les librairies et au tribunal ?