"Pukhtu Primo" de Doa chez Gallimard (Paris, France)

en partenariat avec 20minutes.fr

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Pukhtu Primo
Pukhtu Primo — Le choix des libraires

Courrier des auteurs le 14/05/2015

1) Qui êtes-vous ? !
DOA, romancier à la Série Noire, Gallimard.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
La guerre. La plus classique, l'affrontement militaire, mais aussi celle, plus secrète, des services de renseignements contre le terrorisme, ou de la police contre les trafics, notamment de stupéfiants. Enfin, dans une acception plus intime, la guerre que nous livrons aux autres, en permanence, volontairement ou non, ou que nous nous livrons à nous-mêmes. Le roman commence en janvier 2008 et s'ouvre sur le conflit afghan.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
«Ils tuent des gens, on tue des gens. On lutte pour le bien, eux contre le mal [...] Ce monde est pas fait pour les humanistes.»

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Un air de rock aux paroles acides et tristes, comme «Song seven» d'Interpol ou «Crawl Home» de PJ Harvey et Josh Homme, ou peut-être «Young Americans» de David Bowie.

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
L'écriture est un exercice très intime et c'est dans cet espace d'intimité que se créent parfois des résonances entre le romancier et son lecteur. L'expérience de l'un peut y rencontrer celle de l'autre et venir la compléter ou l'éclairer différemment. Cet espace s'ouvre avec la première page d'un livre et se referme après la dernière, c'est un lieu de partage éphémère, le seul qui m'intéresse réellement.

6) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ?
Pas vraiment, si ce n'est que je ne peux travailler bien que chez moi et que mes journées commencent systématiquement par une revue de presse de deux ou trois heures. Elle constitue en quelque sorte mon «échauffement» cérébral.

7) Comment vous vient l'inspiration ?
Tout dépend du roman, il n'y a pas de règle. «Pukhtu», conclusion d'une trilogie, prend ses racines dans les livres qui l'ont précédé.

8) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescent «un jour j'écrirai des livres» ?
Par désoeuvrement, entre deux boulots. J'avais une appétence pour la littérature - lire est un plaisir vital pour moi - une certaine culture, de l'imagination et la folie égotique nécessaire, cela a sans doute aidé. Mais ce n'est pas une vocation remontant à la petite enfance.

9) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lecteur) ?
Très bien. 1977, «Le seigneur des anneaux» de JRR Tolkien. 1984, «Paris est une fête» d'Ernest Hemingway. 1991, «American Psycho» de Bret Easton Ellis. 1995, «American Tabloid» de James Ellroy. Enfin, 2009, «Méridien de sang» de Cormac McCarthy.

10) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? !
Si l'on considère les écrivains comme des artistes, je ne suis pas certain qu'il faille alors qu'ils «servent» à quelque chose. Le geste artistique est spontané, imprévisible, en dehors du temps, de l'espace et donc du monde, comment pourrait-il être «utilitaire» ?

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