"Au moins il ne pleut pas" de Paula Jacques chez Stock (Paris, France)

en partenariat avec 20minutes.fr

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Au moins il ne pleut pas
Au moins il ne pleut pas — Le choix des libraires

Courrier des auteurs le 04/03/2015

1) Qui êtes-vous ? !
Je suis en vie. La vie est extraordinairement intéressante quand on est en vie. Autrement, je suis née en Égypte dans une famille juive expulsée par la révolution Nassérienne, arrachée à sa terre natale et qui après moult errements s'est trouvé une patrie d'adoption naturelle dans la langue Française.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
L'élan vital des survivants. Ce qu'il faut faire et quel est le prix à payer pour survivre. Israël en 1959. Deux jeunes orphelins frère et soeur ballotés par les évènements (leurs parents sont morts au Caire dans un accident de voiture) trouvent refuge à Haïfa dans une maison habitée par deux femmes survivantes du camp de concentration de Ravensbrück. Elles ont d'étranges rapports amies-ennemies et semblent cacher de lourds secrets coupables, surtout la plus âgée, Magda qui est toute bonté pourtant et générosité pour les deux adolescents. En butte à nombre de péripéties dangereuses, orphelins et rescapées des camps de la mort vont, se liguant contre l'adversité, réussir à construire une chaude famille humaine. A s'offrir envers et contre tout un avenir où : «Au moins il ne pleut pas».

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
«Tout ce qui est terrible a besoin de notre amour,» selon la phrase de Rainer Maria Rilke.

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Une chanson de Nina Simone : Cinnerman

Oh, pécheur, où iras-tu te cacher

Pécheur, où iras-tu te cacher

Où iras-tu te cacher ?

Ce jour là

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
La chaleur humaine, l'empathie pour les personnages, et bien sûr le plaisir éblouissant des lectures qui vous embarquant dans leur univers, vous ravissent au monde réel.

6) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ?
Je fonctionne avec la régularité d'un clerc de notaire. Tôt le matin, après la promenade des chiens, je suis à mon bureau jusqu'à 14 H. Pas de musique. Alors je suis sourde à tous les bruits du monde. Une telle concentration, une bombe exploserait, je ne l'entendrais pas.

7) Comment vous vient l'inspiration ?
Je ne sais pas trop. Parfois je vois une scène se dessiner sous mes yeux. A d'autres, mes personnages se mettent à dialoguer dans ma tête librement. Quand ça m'arrive dans la rue par exemple, les gens doivent me prendre pour une folle car mes lèvres s'agitent de muettes paroles. Mais la plupart du temps, l'écriture est une petite brique qui s'ajoute à la construction d'une maison sans savoir si, le lendemain, la maison sera encore debout.

8) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescente «un jour j'écrirai des livres» ?
Par la lecture. La folle passion de lire des romans. J'ai toujours voulu écrire, aussi loin que je me souvienne. Je n'imaginais pas de plus beau destin. Enfant, mon prof de Français me trouvait douée, forcément, lisant énormément j'avais plus de vocabulaire que mes petits camarades.

9) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lectrice) ?
«Poil de carotte» à neuf ans au Lycée Français du Caire, pour cause d'identification à l'enfant mal-aimé de sa mère. Et plus tard, à 16 ans, deux livres essentiels : «Le dernier des Justes» de André Schwartzbart et «Belle du Seigneur» d'Albert Cohen.

10) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? !
A éclairer la complexité de l'âme humaine. A maintenir le goût de miel des mots sur la langue. A restituer, mieux que l'historien parfois, la mémoire des choses du passé. A vivre les mille vies qu'on ne connaitra jamais. A mieux se connaître soi-même.

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