"Un été sans alcool" de Bernard Thomasson chez Seuil (Paris, France)

en partenariat avec 20minutes.fr

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Un été sans alcool
Un été sans alcool — Le choix des libraires

Courrier des auteurs le 03/07/2014

Bernard Thomasson répond aux questions des internautes...


Bonjour, je suis Bernard Thomasson romancier, et journaliste également, je viens de terminer un livre qui s'appelle "Un été sans alcool", un roman qui ne traite pas de l'alcoolisme contrairement à ce que l'on pourrait penser, mais plutôt une question qui me paraît importante aujourd'hui, la question du courage ou de la lâcheté : être un héros, ou ne pas en être un...

J'ai situé ce roman durant la Résistance, car je me suis beaucoup posé la question de savoir ce que moi j'aurais fait pendant cette période... Il se trouve que j'ai un vieux papa de 95 ans qui a été résistant pendant plusieurs années, j'en ai beaucoup parlé avec lui et, moi, je me suis toujours dit, est-ce que j'aurais été résistant ? Ou collabo ? Ou aurais-je attendu comme beaucoup de gens que les choses avancent ? La thématique, c'est cela, le courage, la lâcheté...

J'ai construit un roman entre la période de la Résistance et aujourd'hui, car cette question est très actuelle... Cette question, elle m'est venue spontanément parce que je suis fils d'un résistant et parce que, aussi, j'ai vécu et je suis né dans une région très forte en résistance, très ancrée dans la Résistance, les maquis de Corrèze, le Limousin, le drame de Tulle, le drame d'Oradour. Donc c'est tout naturellement que je me suis posé cette question, spontanément, depuis que je suis jeune adulte. Quand j'ai commencé mon métier de journaliste, j'ai fait tellement de cérémonies avec tous ces anciens combattants autour de moi, avec les Compagnons de la Libération de cette région, que j'ai connus, Roger Lescure, et bien d'autres...

Je suis un écrivain comme le disait Jean d'Ormesson, un peu du dimanche puisque comme lui, l'époque où il était directeur du Figaro, je suis très pris par mon métier à France Info, avec une émission assez lourde à porter, donc j'écris beaucoup le week-end, j'écris beaucoup les vacances et j'écris surtout le matin. Je suis très matinal, donc je me lève à 5 h et j'écris pendant 1h ou 2, quand je suis en période d'écriture...

Le lieu du roman je l'ai forcément situé dans ma ville de Brive, d'ailleurs elle joue un rôle cette ville parce que c'est la première ville de France qui a été libérée par ses propres moyens sans les Alliés... C'est la Résistance elle-même qui a libéré Brive...

Mon personnage naît le jour de la libération de Brive. Ce sont ses grands-parents qui l'élèvent jusqu'à l'âge de 21 ans. A 21 ans ses grands-parents lui disent : " tu as 21 ans, tu dois savoir la vérité maintenant : nous ne sommes pas tes parents, ton père est mort dans le massacre près de Brive et ta mère est morte en couche le jour de ta naissance ". Cela a été un véritable traumatisme pour lui, sa vie a été réduite à néant ce jour-là et, c'est comme cela qu'il tombe dans l'alcool. D'où le titre " Un été un été sans alcool " et on verra pourquoi dans le bouquin après...

On a forcément une trame de départ, c'est vrai pour ce roman-là, ça l'était pour le précédent aussi, j'avais une trame, qui a beaucoup évolué en cours d'écriture... Quand j'écris, je suis avec les personnages nuit et jour quasiment. Je voulais rester au plus près de la réalité historique donc au plus près du fait journalistique, mais, en même temps, mon histoire est complètement inventée, il y a des personnages qui n'ont pas des très beaux rôles dans cette affaire. Je veux aussi me distancier de ce qui s'est passé physiquement à Brive en 1943-44... Je suis resté au plus près de la réalité historique en étant en contact avec des résistants, j'ai lu beaucoup, j'ai rencontré des historiens, etc. Mais j'essaie de m'en éloigner en même temps par le récit que j'invente et par les personnages que je crée. Là encore, c'est une dualité un peu complexe, mais qui me parait importante et très riche. L'écriture pour moi c'est d'abord un plaisir, c'est le plaisir de pouvoir inventer des histoires, de pouvoir travailler avec les mots, les mots que j'utilise au quotidien à la radio, mais de manière tellement sibylline que j'en suis frustré parfois donc là je vais au profond des mots, de la construction des phrases, de la construction des histoires, c'est très intéressant et c'est un accomplissement oui, parce que cela me permet de m'évader du quotidien, de créer un imaginaire et surtout, d'inciter le lecteur à partager cet imaginaire. J'ai reçu et, c'est la première fois depuis que j'écris des bouquins, plein de messages, de mails, de tweets sur mon site, des gens qui m'écrivent et qui me disent qu'ils sont très touchés par ce livre.

Merci à Pierre (Quimper), Régine (Vézelay), Louis (Royan), Evelyne (Valence), René (Valence), Kevin (Toulouse), Florence (Chartres)...

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