"Expo 58" de Jonathan Coe chez Gallimard (Paris, France)

en partenariat avec 20minutes.fr

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Expo 58
Expo 58 — Le choix des libraires

Résumé

Londres, 1958. Thomas Foley dispose d'une certaine ancienneté au ministère de l'Information quand on vient lui proposer de participer à un événement historique, l'Exposition universelle, qui doit se tenir cette année-là à Bruxelles. Il devra y superviser la construction du Pavillon britannique et veiller à la bonne tenue d'un pub, Le Britannia, censé incarner la culture de son pays. Le jeune Foley, alors qu'il vient de devenir père, est séduit par cette proposition exotique, et Sylvia, son épouse, ne voit pas son départ d'un très bon oeil. Elle fera toutefois bonne figure, et la correspondance qu'ils échangeront viendra entrecouper le récit des nombreuses péripéties qui attendent notre héros au pays du roi Baudouin, où il est très vite rejoint par de savoureux personnages : Chersky, un journaliste russe qui pose des questions à la manière du KGB, Tony, le scientifique anglais responsable d'une machine, la ZETA, qui pourrait faire avancer la technologie du nucléaire, Anneke, enfin, l'hôtesse belge qui va devenir sa garde rapprochée...
Coe embarque le lecteur dans une histoire pleine de rebondissements, sans que jamais la tension ne retombe ou que le ridicule ne l'emporte. Sous la forme d'une parodie de roman d'espionnage, il médite sur le sens de nos existences et dresse le portrait d'un monde disparu, l'Angleterre des années 1950, une société tiraillée entre une certaine attirance pour la liberté que semble offrir la modernité et un attachement viscéral aux convenances et aux traditions en place.

Jonathan Coe est né en 1961 à Birmingham. Après des études à Trinity College (Cambridge) et un doctorat à l'université de Warwick, il devient professeur de littérature. Son roman, "Testament à l'anglaise", le propulse sur la scène internationale. En 1998, il reçoit le prix Médicis étranger pour "La Maison du sommeil". "Le miroir brisé" est son premier ouvrage pour la jeunesse. C'est confesse-t-il,"l'un de mes livres les plus politiques même si je lui ai donné la forme d'un conte de fées".

Le choix des libraires : choisi le 12/04/2014 par Didier Coviaux de la librairie LE COMPTOIR DES MOTS à PARIS, France

Une comédie d'espionnage "so british", pétillante et enlevée, où le romancier entremêle d'irrésistibles touches d'humour avec des considérations toujours subtiles sur la famille, l'amour ou la place de chacun dans l'existence.

Du Coe 100% pur scone, délicieusement drôle et intelligent !

Le choix des libraires : choisi le 12/04/2014 par Benoît Coquant de la librairie 20000 JEUX SOUS LES LIVRES à ARTIGUES-PRÈS-BORDEAUX, France

Nous avons longtemps été orphelins de "testament à l'anglaise" et de "la maison du sommeil". La fluidité picaresque, et cette construction toute britannique des récits ou s'entremêlent le vrai du faux nous manquaient, depuis que Jonathan Coe avait tenté d'aborder la falaise son oeuvre par la face cohérente.

Nulle coïncidence fortuite, pensons nous : la sortie de "expo 58" est corrélative à celle de "opération sweet tooth" de Ian Mc Ewan : les anglais explorent le minéral historique de leur île, sous relent d'empire, avec des bruits de John Mayall dedans. (J'ai, pour l'anecdote, accompagné la lecture de ce roman du dernier album de Nick Waterhouse....ça sentait l'huile de ricin)

"Expo 58" parle de Bruxelles, période Atomium quand la capitale belge organisait le pavillon mondial. Chaque pays, en ces heures glorieuses de la guerre froide, doit y construire un pavillon à effigie de lui même. Les anglais menant une réflexion fort pragmatique ont bien conscience qu'à côté de leurs emblèmes commerciaux, de leur notoire diplomatie et des restes de l'empire il n'y a qu'un bâtiment qui pourra parler d'eux : un pub.
Ils confient la mission d'administration de ce lieu hautement culturel à Thomas Foley, fonctionnaire zélé du ministère de l'information, tout engoncé de Britannisme à l'ancienne. Le voilà donc plongé dans le monde, le grand, avec la visite des russes, d'une garde belge, d'un scientifique qui va révolutionner le nucléaire, bref le voilà en immersion. Nous ne sommes pas sur qu'il sache nager.

Le retour : voilà comme nos soirs de lecture sont à nouveau bercé d'élégance : la classe de Coe, toute sa classe, dans le récit malin d'une certaine appréhension du changement. Car Jonathan Coe le sait, ce qui fait l'Angleterre qu'il aime, c'est sa paradoxale hésitation, sa réticence même à se quitter pour s'épouser à nouveau. Courir au monde neuf, clinquant, vulgaire, quitter les ors des raffinements séculaires, savoir se baigner plein de maintien dans la modernité politique d'un état de l'ordre qu'ils ont eux aussi contribué à créer.
"Expo 58" excelle dans la description drôle et tendre de ces atermoiements : Thomas Foley est le fruit de l'appréhension et de l'adaptation de sa génération. C'est une tendance lourde outre manche que de s'interroger (outre Ian Mc Ewan, John le Carré dans son dernier livre (une vérité si délicate) avait une approche similaire du conflit politique) mais Jonathan Coe a une façon de poser les questions qui nous donne envie de tout sauf d'y répondre : de le relire, de courir boire une bière dans ce pub en plein Bruxelles, de lire en cachette le courrier de Foley à sa femme, de suivre, caché derrière un journal, les deux agents secrets dont les savoureux dialogues viennent en opposition de cette légère mélancolie qu'on sent toujours chez Coe quand il secoue ses personnages.

"Expo 58" est à la fois un roman drôle, conscient, écrit avec force et maîtrise : il est un magnifique point d'entrée dans la littérature anglaise contemporaine, sa facilité n'a d'égale que sa richesse.

La revue de presse : Alexis Liebaert - Le Magazine Littéraire, février 2014

Profitant d'une critique dans la London Review of Books consacrée à un recueil de citations de Boris Johnson, le baroque maire peroxydé de Londres, Jonathan Coe constatait récemment que l'époque où le roman satirique était un outil de subversion faisant trembler l'establishment était révolue. Expo 58 n'est en effet pas une satire, mais un roman d'espionnage hautement comique - peut-être le plus hilarant de son auteur...
Une simple farce ? Non, une méditation burlesque sur ce que modernité veut dire.

La revue de presse : Delphine Peras - L'Express, février 2014

L'auteur de Testament à l'anglaise revisite, dans son nouveau roman, l'Exposition universelle de 1958, à Bruxelles. Une comédie enlevée sur fond de guerre froide et de parodie de film d'espionnage...
Et Jonathan Coe de revisiter, facétieux, les coulisses de cette grand-messe censée sceller l'entente cordiale entre les peuples alors que la guerre froide bat son plein...
De cette "foire de fous" où tous les coups sont permis, où ça clope et ça boit à l'envi, Jonathan Coe a tiré une très divertissante parodie de roman d'espionnage. Mais pas que : à la fois chromo comique des relations Est-Ouest et réflexion sur des existences asservies par leur fatum, Expo 58 se révèle plus profond qu'il n'y paraît.

La revue de presse : Emilie Grangeray - Le Monde du 13 février 2014

En se jouant des genres - et peut-être même de nous à travers son protagoniste un brin benêt-, Jonathan Coe signe ici un livre parfaitement maîtrisé tout en même temps qu'une histoire franchement divertissante.

La revue de presse : Nathalie Crom - Télérama du 12 février 2014

Un fonctionnaire anglais naïf se retrouve au coeur d'intrigues qui le dépassent, dans la grande foire au progrès qu'abrite Bruxelles. Cocasse...
Le roman s'intitule Expo 58, il est savoureux et imprégné de cette ambivalence, disons... atmosphérique, dans laquelle évolue, de livre en livre, le subtil Jonathan Coe : un climat tempéré, mélange de vraie drôlerie et de mélancolie non moins tangible - et de moins en moins incontestable au fil des années.

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