"Medusa" de Ricardo Menéndez Salmón chez Jacqueline Chambon (Paris, France)

en partenariat avec 20minutes.fr

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Medusa
Medusa — Le choix des libraires

Résumé

Prohaska, peintre, photographe et cinéaste allemand, a une telle présence que l'on est souvent tenté de chercher sa trace sur Internet. Mais outre qu'il s'agit d'un être de fiction, cette quête serait vaine car Prohaska a pris soin de supprimer tous les témoignages concernant son aspect physique, allant jusqu'à interdire à ses proches d'évoquer son apparence. C'est donc l'oeil d'un homme invisible collé à l'objectif neutre de son appareil photo ou de sa caméra qui filmera les images les plus insoutenables des horreurs du Troisième Reich - exécutions, charniers, expériences sur l'homme - et plus tard les massacres et les désastres dont le monde n'est pas avare : enfants morts de faim en Estrémadure dans les premières années du franquisme, carnages sous les dictatures d'Amérique du Sud. Mais l'art peut-il aller si loin sans se faire le complice du mal dont il témoigne et, dans l'effroi que suscite la vision de l'atrocité, n'y a-t-il pas une part de voyeurisme voire d'obscures jouissances ? Toutes ces questions, l'auteur les pose à travers le destin d'un artiste qui n'est pas un monstre d'insensibilité et qui, pourtant, telle la Méduse antique, craint de rencontrer son image comme s'il ne pouvait se regarder en face sans périr.

Ricardo Menéndez Salmón est né à Gijón en 1971. Toute son oeuvre interroge les rapports de l'art et du mal. Les éditions Actes Sud ont publié L'Offense (2009), et les éditions Jacqueline Chambon : Le Correcteur (2011), La Philosophie en hiver (2011), La lumière est plus ancienne que l'amour (2012). Traduit en six langues, lauréat de prestigieux prix espagnols, il est l'un des écrivains les plus prometteurs de la nouvelle génération espagnole.

Le choix des libraires : choisi le 21/03/2014 par Céline Favier-Privolt de la librairie GIBERT JOSEPH à DIJON, France

Biographie fictive de Prohaska, peintre, photographe et cinéaste oeuvrant aux services des Nazis. Prohaska ne s'embarrasse pas de l'éthique et pose un regard sans responsabilité sur les victimes qu'il immortalise avec son objectif et reste indemne de tous sentiments. Pourtant il est capable d'aimer sa femme et son enfant.
Comme les victimes de Méduse, il oscille froidement entre fascination et répulsion.
Le style de l'auteur est lumineux, truffé de splendides aphorismes et nous dépeint un tableau fascinant et repoussant qui fait de nous, spectateurs impassibles, d'inexcusables voyeurs.

FASCINANT !

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