"Les lois de la frontière" de Javier Cercas chez Actes Sud (Arles, France)

en partenariat avec 20minutes.fr

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Les lois de la frontière
Les lois de la frontière — Le choix des libraires

Résumé

LE POINT DE VUE DES ÉDITEURS

À l'été 1978, un adolescent de la classe moyenne en délicatesse avec son milieu croise la route du charismatique Zarco et de son amie Tere et devient un habitué de leur QG, un bar interlope dans un quartier malfamé de Gérone. Bientôt ils l'entraînent de l'autre côté de la "frontière", au pays de ceux qui ne sont pas bien nés, l'initiant au frisson des braquages et au plaisir des tripots. Le garçon navigue entre les deux rives pendant tout l'été, irrésistiblement attiré par les lois de cette jungle dont il préfère continuer d'ignorer les codes, jusqu'au coup qui tourne mal.
Vingt ans plus tard, avocat établi, il assure la défense de son ancien camarade multirécidiviste et doit plaider. Pour le symbole vivant d'une rébellion salutaire, la victime expiatoire d'un système frelaté, ou les zones d'ombre de sa propre jeunesse ?
Un écrivain, chargé de raconter l'histoire, recueille au cours d'entretiens divers les souvenirs et impressions des protagonistes. Lui-même cherche la vérité inattendue et universelle du romancier : l'ambiguïté.
C'est dans cette ambiguïté qu'excelle Javier Cercas, qui démystifie ici le romantisme de la délinquance comme celui de la rédemption, la démocratie espagnole et son miroir aux alouettes, les tourments qui toujours gouvernent l'exercice de la liberté.

Javier Cercas est né en 1962 à Cáceres et enseigne la littérature à l'université de Gérone. Il est l'auteur de romans, de recueils de chroniques et de récits. Ses ouvrages, traduits dans une vingtaine de langues, ont tous connu un large succès international et lui ont valu de nombreux prix.
Actes Sud a publié Les Soldats de Salamine (2002), À petites foulées (2004), A la vitesse de la lumière (2006) et Anatomie d'un instant (2010).

Le choix des libraires : choisi le 25/03/2014 par Max Buvry de la librairie VAUX LIVRES à VAUX-LE-PÉNIL, France

Quelques années après la chute de Franco, à Gérone, un adolescent de la classe moyenne qui rencontre quelques soucis au lycée croise dans une salle de jeu Zarco et Tere une fille qui l'accompagne partout. Attiré par les deux et amoureux de Tere, Ignacio franchit la frontière, passe du côté de ceux qui n'ont rien, rien à perdre, frontière de quartiers, frontière sociale, frontière vis-à-vis de la légalité et frontière vis-à-vis de la liberté. Petits larcins puis braquage, Ignacio participe à tout. Puis Zarco est arrêté et prend la direction la prison. Zarco étant devenu une légende, un romancier est chargé de raconter cette histoire, recueille les témoignages et retrace le parcours chaotique de Zarco. Trois témoins apportent des points de vue différents à cette aventure : Ignacio est devenu un brillant avocat et vingt ans plus tard assurera la défense de son ancien compagnon, le commissaire de police qui a arrêté Zarco et le directeur de la prison. Au milieu de tous ces fils emmêlés, l'écrivain et le lecteur tenteront de faire émerger la vérité. Mais n'y en a-t-il qu'une ? Javier Cercas apprécie le doute, laisser la réflexion se construire et mettre à mal les certitudes, soulève questions et interrogations sans jamais asséner ses vérités, parle de rencontres, d'enchaînements d'événements, d'incertitude et de culpabilité. Un roman dense qui se dévore !

Le choix des libraires : choisi le 25/02/2014 par Emilie Pautus de la librairie LA MANOEUVRE à PARIS, France

Emilie Pautus recommande ce livre au micro d'Augustin Trapenard, dans Le Carnet du libraire, sur France Culture, en partenariat avec Lechoixdeslibraires.com

Le choix des libraires : choisi le 19/02/2014 par Nicolas Cauneau de la librairie ESPACE CULTUREL LECLERC à LIMOGES, France

Gérone, fin des années 80, un adolescent glisse peu à peu dans la délinquance en croisant le charismatique et malfamé Zarco. Il bascule petit à petit du mauvais côté de la frontière morale. 20 ans plus tard, devenu un avocat établi, il doit assurer la défense de ce multirécidiviste. Cercas excelle dans ce roman en démystifiant les thèmes du romantisme et de la rédemption. Un grand cru romanesque.

La revue de presse : Philippe Lançon - Libération du 13 février 2014

A travers les destins croisés d'un avocat et d'un truand, Javier Cercas dresse le portrait de l'Espagne postfranquiste...
Les Lois de la frontière épluche la mythologie enchantée du postfranquisme, réunie sous le chapeau-claque de la célèbre «movida». Il le fait depuis la ville où les parents de Cercas, originaires d'Estrémadure, se sont installés lorsqu'il était enfant : Gérone, en Catalogne...
C'est une Espagne astringente et touchante, faite de personnages étriqués balzaciens, flics, receleurs, gitans, commerçants, rêveurs, empêchés, silencieux, mesquins. On sent l'odeur rance de la peur, des vieux bars, des aisselles du franquisme mal éteint. C'est aussi celle, très forte, du grand roman réaliste : chacun agit et parle avec son mystère, ses espérances muettes et ses angles morts.

La revue de presse : Delphine Peras - L'Express, janvier 2014

Le nouveau roman de Javier Cercas reconstitue l'épopée d'un jeune caïd de Gérone dans l'Espagne postfranquiste. La radiographie passionnante d'une génération...
Dans ce cinquième roman traduit en français, Javier Cercas, 51 ans, révélé par Les Soldats de Salamine (2001), a pris le parti d'une succession d'entretiens, rapportés à la première personne : avec Ignacio, ayant accepté de prendre la défense de Zarco sur l'insistance de Tere; avec un policier et un directeur de l'administration pénitentiaire. D'où l'effet très oral, puissant, du livre.

La revue de presse : Laëtitia Favro - Le Journal du Dimanche du 12 janvier 2014

La délinquance juvénile fut l'un des thèmes favoris de la littérature, du cinéma et de la télévision espagnols, souvent assimilée à une quête de liberté dans une démocratie jeune en perte de repères. Parce qu'il n'a jamais souscrit à cette vision idéale et, il faut bien le dire, éculée, Javier Cercas défait un à un les clichés romantiques attachés à cette forme de criminalité, qui ont pu nuire à l'écriture de l'Histoire dans sa plus objective vérité. La géographie de la Gérone qu'il a connue enfant renaît avec une précision et une force remarquables grâce à une écriture dense, enveloppante, qui enchaîne le lecteur à cette bande aussi accueillante que pathétique. Le frisson du danger, de l'adrénaline et de la luxure achève de nous river à ce texte à mi-chemin entre le roman d'aventures et d'apprentissage, entre le western et la chronique sociale.

La revue de presse : Stéphanie Dupays - Le Monde du 16 janvier 2014

Dans " Les Lois de la frontière ", Javier Cercas sonde les incertitudes de l'Espagne post-Franco à travers le parcours d'un voyou...
Cercas brouille les pistes, transformant ce roman social en polar métaphysique. La narration est éparpillée en trois monologues où le Binoclard, le policier qui a arrêté Zarco et le directeur de la prison de Gérone donnent leur version des faits. Mais, au lieu d'apporter des réponses, chaque nouvelle explication brouille un peu plus l'histoire, révélant son insoupçonnable ambivalence. C'est là que réside en partie le talent de Cercas : il perturbe le lecteur et l'interroge sans cesse sur la limite entre le bien et le mal, le vrai et le faux, en instillant un doute vertigineux...
En démontant le mythe romantique du rebelle délinquant, Cercas rend un hommage mélancolique et ironique à ceux qui ne furent peut-être que les victimes des promesses non tenues d'une démocratie balbutiante.

La revue de presse : Christian Authier - Le Figaro du 9 janvier 2014

À sa façon, subtile et profonde, Javier Cercas, l'auteur des Soldats de Salamine et d' Anatomie d'un instant ausculte l'ambivalence de la nature humaine, la fragilité des destins, ce qui peut placer deux êtres «très près et très loin l'un de l'autre, séparés par un abîme». Construit comme une enquête évoquant Mr. Arkadin d'Orson Welles, Les Lois de la frontière est aussi un portrait en creux de l'Espagne contemporaine...
Un roman. Un beau roman habité par le désenchantement que peuvent éprouver ceux ayant le sentiment d'être des reliques «d'un monde aboli, en ruines, de choses oubliées de tous dans cette ville et qui n'intéressaient plus ­personne».

La revue de presse : Nathalie Crom - Télérama du 8 janvier 2014

En Espagne, trois destins croisés, intenses, du bon ou du mauvais côté de la barrière sociale...
C'est sans effet, mais en lui conférant une grande intensité, que Javier Cercas déploie ainsi son intrigue - et développe la méditation sur la destinée humaine qui la sous-tend. Cela par l'entremise de la voix parfaitement juste d'Ignacio, les certitudes et les doutes de celui qui fut le seul rescapé d'entre tous. Demeuré à jamais hanté par Zarco, par Tere, par l'enchaînement en partie insaisissable des faits dont cet été 1978 fut la source toxique, décidant de la vie des trois jeunes gens - du salut de l'un, du naufrage des autres.

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