"L'idée d'une tombe sans nom" de Sandrine Treiner chez Grasset (Paris, France)

en partenariat avec 20minutes.fr

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L'idée d'une tombe sans nom
L'idée d'une tombe sans nom — Le choix des libraires

Résumé

Ne venez pas. Nous nous sommes trompés.» Manya Schwartzman, jeune révolutionnaire, quitte sa terre natale, la Bessarabie, pour construire le socialisme en Union soviétique et disparaît en 1937 dans les grandes purges staliniennes après ce dernier message aux siens. Pour traverser le fleuve, elle s'est émancipée des archaïsmes du monde juif, de son pays, de sa condition sociale. La Révolution n'était pas une pensée pour elle, mais une nécessité vitale.
Parce que l'idée d'une tombe sans nom lui déplaît, Sandrine Treiner mène l'enquête pour arracher son héroïne à l'anonymat des fosses communes. Voyage dans des territoires et des idées perdues, au coeur des steppes ensoleillées baignées par la mer Noire, ce récit est d'abord une réparation. Et une rencontre avec Manya S., héroïne déterminée et trahie, rendue à la vie et, par ces lignes, à son engagement et à sa lucidité.

Historienne de formation, ancienne élève de Michelle Perrot, Sandrine Treiner a coordonné le Livre noir de la condition des femmes. Imprégnée d'histoire des idées et de littérature, elle est notamment l'auteur d'une anthologie de textes sur Odessa et la mer Noire. Elle est directrice adjointe de France Culture en charge de l'éditorial.

Courrier des auteurs le 05/02/2014

1) Qui êtes-vous ? !
Une femme

2) Quel est le thème central de ce livre ?
La Révolution

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
Celle de mon héroïne : "Ne venez pas. Nous nous sommes trompés"

Celle d'Aki Kaurismaki dont s'inspire mon titre : "L'idée d'une tombe sans nom me déplaît"

La mienne : "J'ai toujours craint de disparaître de la vie des gens qui me sont proches"

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Going home dans l'album Old ideas de Leonard Cohen

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
L'impérieuse nécessité de ne pas laisser les disparus dans le silence. Le goût des traces et des chemins escarpés. Le soleil d'Odessa.

La revue de presse : Fabienne Pascaud - Télérama du 18 décembre 2013

Exercice littéraire virtuose ? Brillant essai d'historienne ? Autofiction déguisée ? L'entêtant récit de Sandrine Treiner est tout cela à la fois. Ou comment raconter la vie d'une femme admirable mais anonyme, ayant réellement existé, et dont il ne reste rien...
Elle voudrait lui redonner vie, elle qui redoute l'oubli. «J'ai toujours craint de disparaître de la vie des gens qui me sont proches», murmure Sandrine Treiner à la fin du livre.

La revue de presse : Sabine Audrerie - La Croix du 4 décembre 2013

Remontant aux pogroms de Kichinev du début du XXe siècle, l'auteur recompose, à travers l'histoire singulière d'une femme anonyme séduite après 1917 par le communisme, la mémoire des Juifs de l'ex-Bessarabie, pris entre ordres roumains et soviétiques, puis subissant le joug nazi...
Elle berce sa quête que l'on devine très personnelle de la musique d'autres livres, ceux de Patrick Modiano, de Cholem Aleikhem ou d'Isaac Babel, et ajoute sa voix attentive et douce à celle des chiens odessites de la légende, qui hurlent la nuit la disparition des Juifs de la mer Noire.

La revue de presse : Catherine Simon - Le Monde du 28 novembre 2013

Il arrive - chose rare et heureuse - que les livres réparent. C'est parce que " l'idée d'une tombe sans nom " lui déplaît que Sandrine Treiner, historienne de formation, responsable éditoriale à France Culture, s'embarque sur les traces d'une disparue, une jeune juive communiste des années 1920...
L'enquête de Sandrine Treiner est écrite à la première personne, façon écrivain-voyageur. S'il tient, en partie, du roman, ce livre singulier est surtout une réflexion sur la fragilité des traces, sur la grandeur du parti pris - au sens où Germaine Tillion entendait ce terme -, sur l'utilité de l'histoire. Mais c'est au travail de couturière, celui de son héroïne-fantôme, que l'effort de l'auteure s'apparente le plus : à partir de bribes de mémoire familiale, le récit se met, comme la machine d'un atelier, à recoudre, à repriser, à reconstituer ce qui peut l'être. A réparer, en somme. Jusqu'à sortir Manya Schwartzman de la nuit. De la belle ouvrage.

La revue de presse : Marc Semo - Libération du 7 novembre 2013

Que peut-on connaître de quelqu'un dont on ne sait rien ?» s'interroge Sandrine Treiner, historienne et directrice adjointe de France Culture. Fascinée par ce destin anonyme «qui a moins de réalité qu'un personnage de roman», elle a décidé de raconter l'histoire de cette femme : «Manya Schwartzman refusait la soumission, la méfiance, la peur, la lâcheté, l'ignorance, la bêtise, la violence et c'est pourquoi il faut une tombe à son nom.» Ce n'est pas simple, pourtant, de retrouver les éléments d'une vie, d'imaginer les révoltes, les rêves et le destin fracassé d'une jeune ouvrière juive de Kichinev...
L'exercice est une gageure, surtout après des chefs-d'oeuvre comme Dora Bruder, de Patrick Modiano, ou les Disparus, de Daniel Mendelsohn. L'auteure le reconnaît volontiers mais tient le pari dans un livre aussi émouvant qu'inclassable.

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