"La mort du lieutenant Péguy : 5 septembre 1914" de Jean-Pierre Rioux chez Tallandier (Paris, France)

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La mort du lieutenant Péguy : 5 septembre 1914
La mort du lieutenant Péguy : 5 septembre 1914 — Le choix des libraires

Résumé

«Tirez, tirez, nom de Dieu !» crie le lieutenant Charles Péguy à ses hommes cloués dans les betteraves par le terrible feu allemand : une balle en plein front le fait taire devant Villeroy, le 5 septembre 1914, à la veille du «miracle» de la Marne.

Jean-Pierre Rioux revient sur le mobilisé en uniforme qui fait ses adieux aux siens et à ses amis du 2 au 4 août dans Paris pavoisé. Il détaille les cinq semaines au front, de Lorraine en «pays de France», face à l'invasion et aux premiers massacres. Il suit à la trace le poète en pantalon rouge, le réserviste de quarante ans qui a voulu rester d'activé, le patriote et le chrétien qui pressent la barbarie qui menace l'Europe.
Au fil des pages, on découvre un Péguy inconnu, teigneux, atypique, parti vaillant, apaisé, et qui est tombé, il le disait lui-même, en «soldat de la République, pour le désarmement général, pour la dernière des guerres».

Écrite d'une plume alerte et sûre, cette biographie, puisée aux meilleures sources, restitue un portrait tout en sensibilité d'un Péguy inclassable.

Jean-Pierre Rioux, historien bien connu de la France contemporaine, est l'auteur de nombreux ouvrages, parmi lesquels un Jean Jaurès remarqué (Perrin, 2008). Il vient de préfacer le Journal de guerre, 1914-1918 de Maurice Bedel (Tallandier, 2013) et D'une guerre à l'autre de Roland Dorgelès (Omnibus, 2013).

La revue de presse : Bruno Frappat - La Croix du 15 janvier 2014

C'est à cette mort, à ce que l'on n'ose appeler ses préparatifs, à ses circonstances et à son écho durable (il résonne encore aujourd'hui dans la geste de la Grande Guerre et les consciences poétiques) qu'est consacré le beau livre, précis et inspiré, de notre ami l'historien Jean-Pierre Rioux...
Il va combattre pour «la République, une et indivisible, notre royaume de France». Cette fusion mystique de la France d'avant et de celle d'après, cette assimilation qui lui avait fait crier, dans un même souffle, «Mont­joie Saint-Denis et vive la République !», cela contribuerait grandement aux récupérations antagonistes de la mémoire et du message de Péguy, après la Grande Guerre et durant la Seconde. Une partie des gauches s'inspirera du rebelle, du dreyfusard, du pourfendeur du «monde moderne», matérialiste et individualiste. Une partie de la droite y lira une leçon de nationalisme. L'hommage ambigu au lieutenant Péguy, les «récupérations», notamment par Vichy et la Révolution nationale, Jean-Pierre Rioux en suit les traces innombrables dans la presse, de 1914 à nos jours, de Barrès à Finkielkraut. Il en montre le poids en quiproquos, en interprétations simplistes et, aujourd'hui, en négligence, car si Péguy demeure dans nos mémoires, qu'en est-il de nos lectures ?

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