"Le salaire de la vie : notre travail coûte trop cher, disent-ils" de Ghislaine Tormos chez Don Quichotte éditions (Paris, France)

en partenariat avec 20minutes.fr

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Le salaire de la vie : notre travail coûte trop cher, disent-ils
Le salaire de la vie : notre travail coûte trop cher, disent-ils — Le choix des libraires

Résumé

«Dès que le bateau tangue, nous sommes les premiers à être jetés par-dessus bord. A écouter les experts : notre travail "coûte trop cher". On ne sortirait de la crise qu'en sacrifiant le petit peuple dont ils oublient qu'il participe plus qu'à son tour à la création de richesses d'une entreprise ou d'un pays. Je voudrais connaître le responsable politique qui a compris la pénibilité de notre travail et évalué son prix réel. Celui que nous payons cash tous les jours. Le salaire de nos vies. Ici, je voulais témoigner des mensonges, des incohérences et du coût humain de tous ces plans censés sauvegarder l'emploi et qui ne font que broyer nos vies.»
12 juillet 2012. M. Varin, président du directoire de PSA, premier constructeur automobile français, annonçait la fermeture du site d'Aulnay et la suppression de milliers de postes dans le groupe. Après leur avoir promis que le site resterait ouvert et que la priorité était de préserver leurs emplois, les ouvriers d'Aulnay sont priés d'aller voir ailleurs. Une entreprise qui ferme, c'est presque une banalité par les temps qui courent. Mais un emploi industriel, c'est comme un arbre après la tempête, vite déraciné et plus difficile à faire repousser. Alors Gigi et ses camarades ont décidé de se battre.
Cette histoire est emblématique de bien des fermetures d'usines et d'entreprises, ou des nombreux PSE qui chaque semaine viennent grossir les rangs de Pôle emploi. Cette histoire pourrait tout aussi bien être racontée par celles et ceux dont on a supprimé ou dont on supprimera le travail, et dont la vie vaudrait moins que les profits.

Ghislaine Tormos était monitrice sur une ligne de montage de l'usine d'Aulnay. Un monde d'hommes où l'ouvrière a réussi à se faire une place. Avant ce jour de juillet, Gigi n'avait jamais fait grève. Depuis, elle est devenue l'un des symboles de la lutte des ouvriers de PSA.

La revue de presse : Elodie Chermann - Le Monde du 16 janvier 2014

Ce livre met au jour les ressorts méconnus d'une tragédie annoncée. Il invoque de mauvais choix stratégiques, comme la suppression d'une des deux lignes de montage en juin 2008, dénonce des erreurs de gestion, met en cause l'impuissance des politiques. Les salariés en prennent aussi pour leur grade : «Pourquoi sont-ils aussi peu à réagir contre la façon dont on les déprécie, pourquoi se résignent-ils à être aussi mal traités ?», se demande-t-elle. A partir du cas d'Aulnay, l'auteur donne à réfléchir sur la crise de l'industrie en France...
Pour sortir de l'ornière, Mme Tormos ne voit qu'une issue : «Faire converger toutes les luttes», jouer la carte de la solidarité.

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