"Le retour du vieux dégueulasse" de Charles Bukowski chez Grasset (Paris, France)

en partenariat avec 20minutes.fr

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Le retour du vieux dégueulasse
Le retour du vieux dégueulasse — Le choix des libraires

Résumé

En 1969, Charles Bukowski, écrivain underground inconnu, fut projeté sur la scène internationale avec la parution du Journal d'un Vieux dégueulasse. Cette première édition n'avait repris qu'une quarantaine de ses chroniques qu'il a continué à écrire pendant vingt ans ; certaines allaient nourrir Contes et Nouveaux contes de la folie ordinaire (1972), Au sud de nulle part (1973), Je t'aime Albert (1983), entre autres.
Le Retour du Vieux dégueulasse réunit en un volume celles qui auraient pu tomber dans l'oubli. Cet ensemble totalement inédit constitue une espèce de gigantesque "roman à clef" grâce auquel Charles Bukowski a pu laisser vagabonder son imagination. Transgressant tous les tabous, il nous livre ses explorations de toutes les formes de sexualité, toutes les "perversions", toutes les "déviances". Son humour permet à ses personnages, l'air de rien, "de laisser voir leur véritable nature".

Charles Bukowski (1920-1994) est l'auteur de romans, notamment Women (Grasset, 1981), de recueils de nouvelles et chroniques (Journal d'un vieux dégueulasse, Grasset, 1996) et de recueil de poèmes (L'Amour est chien de l'enfer, Grasset 1989 et 1990).

La revue de presse : Macha Séry - Le Monde du 6 février 2014

Quel plaisir de lire aujourd'hui en intégralité le journal qu'a tenu Bukowski semaine après semaine dans l'hebdomadaire underground Open City, puis dans NOLA Express. Rassemblées sous le titre Le Retour du vieux dégueulasse, ces histoires de saouleries sans faux col pourraient passer pour sordides parce qu'on y vomit beaucoup. Ou monotones parce qu'on s'y bastonne, s'y engueule et s'y étreint sans plus de façons. Mais non. Chez Bukowski, l'ivresse est joyeuse et la tendresse ronchonne. Avec mauvaise humeur, humour et crudité - une liberté de ton telle qu'elle stupéfia à l'époque Raymond Carver et Tom Waits -, il chronique la tragi-comédie du sexe, ses galères, sa passion pour la picole, ses gueules de bois à répétition, ses rencontres hasardeuses, sa détestation de la pantomime sociale. Oubliez les cadavres de bières qui ont fait sa réputation d'écrivain destroy, sa prestation de rock star avinée sur le plateau d'" Apostrophes " en 1978, oubliez aussi Barfly (1987), le film de Barbet Schroeder qui l'a fait redécouvrir aux Etats-Unis. Et avalez cul sec ces nouvelles où la fanfaronnade le dispute au ridicule, les emportements colériques aux transports érotiques. Oui, il y a du grotesque chez Bukowski. Mais un grotesque assumé.

La revue de presse : Hubert Prolongeau - Le Magazine Littéraire, janvier 2014

Ce n'est pas parce que l'on n'est pas surpris que l'on n'est pas heureux. Les admirateurs nombreux du Journal d'un vieux dégueulasse retrouveront, sans révélation mais avec délectation, ce qu'ils aimaient de leur auteur dans ce Retour du vieux dégueulasse, qui réunit des chroniques écrites pour la presse et restées inédites en recueil...
On retrouve dans ce Retour tout ce qui faisait le sel du Journal : une suite de textes, écrits sans aucune contrainte, dont certains sont des réflexions, d'autres de pures fictions, d'autres encore de délirantes échappées plus ou moins autobiographiques dans lesquelles Bukowski se met en scène dans des situations souvent peu flatteuses...
Arrachant une étiquette qu'on lui a souvent collée, Bukowski se définit d'emblée : «Dieu sait que je n'ai pas grand-chose à voir avec un hippie.» Il a surtout à voir avec lui-même, et s'ausculte sans enjoliver le décor ni tomber dans l'apitoiement ou dans le regret. Éructations et analyses se mêlent, portées par un souffle décapant...
Il y débroussaille, défriche, expérimente, met en place ce qui deviendra, au fil des nouvelles et des romans à venir, une des oeuvres les plus étonnantes de l'après-68.

La revue de presse : Didier Jacob - Le Nouvel Observateur du 2 janvier 2014

Hautement inflammable et titrant à 99 degrés, l'écriture de Bukowski n'a, cinquante après, rien perdu de sa force révolutionnaire. Mais son seul parti, c'est lui-même. Trop égoïste pour être compris par l'Amérique bien-pensante (le FBI le place sous surveillance en 1968), trop dérangeant pour être apprécié par les ténors de la contre-culture et de la révolution sexuelle en cours, il a fait de sa solitude un banquet de prose somptueux où s'annonçait la mode trash de l'Amérique à venir.

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