"Tu n'as pas tellement changé" de Marc Lambron chez Grasset (Paris, France)

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Tu n'as pas tellement changé
Tu n'as pas tellement changé — Le choix des libraires

Résumé

«Mon frère Philippe est mort le 17 juillet 1995, un peu avant midi, dans une chambre de l'hôpital de Villejuif. Il aurait eu trente-quatre ans une semaine plus tard. C'est le seul frère que j'ai connu, le seul que j'aurai jamais. L'image de Philippe allant vers sa fin n'existe en moi que par la brûlure qu'il a entretenue pendant des années, et qui dure encore. Pour parler de lui, pour aller vers lui, je suis contraint de revenir aux zones qu'il a éclairées et calcinées. Si grand soit l'amour, si fort le passé partagé, mon frère, à partir d'un certain moment, ne m'a plus été sensible que par la blessure. C'est à cette aune que je mesure combien je l'ai connu, combien je l'ai méconnu. On peut retracer de l'extérieur la vie d'un autre ; mais le deuil ne renvoie qu'à soi, oblige à retrouver en soi le souvenir de ce qui fut.»

Marc Lambron est l'auteur chez Grasset de plusieurs romans : 1941 (1997), Étrangers dans la nuit (2001), Les Menteurs (2004) ; de récits : Une saison sur la terre (2006), Mignonne, allons voir... (2006), Eh bien, dansez maintenant... (2008) ; et de fameux Carnets de bal.

La revue de presse : Jérôme Béglé - Le Point du 30 janvier 2014

L'écrivain publie un livre en hommage à son jeune frère mort à 33 ans. Un livre sans complaisance sur la douleur et le poids de l'absence...
Marc Lambron ne se perd pas dans la recension des petits maux et des grands drames de son puis-né. Il se fixe une tâche plus ambitieuse pour son héros comme pour son auteur : le courage et la dignité avec lesquels il entra prématurément dans l'hiver de sa vie, sachant sa fin inéluctable...
Tu n'as pas tellement changé est un appel au secours et la supplique d'un homme devenu quinquagénaire qui ne s'est jamais vraiment remis de la désertion de son petit frère. Un texte beau comme une tragédie.

La revue de presse : Raphaëlle Leyris - Le Monde du 23 janvier 2014

Marc Lambron ne force pas les secrets de Philippe. Rien n'est caché - de ses choix de vie, de la manière dont la maladie le ronge -, mais rien n'est pour autant exhibé au fil de ce récit rendu bouleversant par sa pudeur même. L'auteur de L'Impromptu de Madrid (Flammarion, 1988) sonde leurs ressemblances et leurs dissemblances, gardant ainsi encore un peu son frère auprès de lui. " Obsédé par la trace et par l'absence de trace ", il permet à Philippe, avec ce beau tombeau littéraire, de laisser la sienne.

La revue de presse : Bernard Pivot - Le Journal du Dimanche du 5 janvier 2014

Peut-on dire d'un livre de deuil qu'il est d'une impressionnante beauté ? Émouvant, poignant, oui, bien sûr. Difficile de ne pas entrer soi-même dans ce drame privé, de ne pas y prendre sa part de révolte et de chagrin. L'écrivain ne cherche pourtant pas à nous tirer des larmes. Son récit n'est pas clinique. C'est l'histoire de deux hommes ayant le même nom, le même sang, sauf que le sang de l'un a été contaminé. C'est une histoire d'aujourd'hui, bien loin d'être unique, sauf que le talent de Marc Lambron la rend unique.

La revue de presse : Benoît Duteurtre - Le Figaro du 9 janvier 2014

On ose à peine qualifier de «poignant» ce récit direct et vibrant, tant le terme recouvre tout ce que Marc et Philippe cherchent à fuir eux-mêmes. Question, peut-être, de génération, comme l'explique Lambron quand il évoque son rejet des noirceurs de l'après-guerre (l'empreinte des camps et d'Hiroshima), sa réaction d'enfant du baby-boom désireux d'épouser une esthétique plus légère... et la façon dont le tragique les a rattrapés, son frère et lui ; l'un partant à trente ans pour le pays d'où l'on ne revient pas, l'autre demeurant à quai dans cette réalité nouvelle «où la mort délave toute chose en un gris désolé». Mais Lambron sait aussi nous montrer comment Philippe, avec une admirable grandeur juvénile, met à profit l'épreuve pour se connaître lui-même, creuser le sens d'une existence trop brève et surmonter les moments d'abattement, puis d'effondrement phy­sique, dans l'espoir de donner à ses dernières années l'intensité d'une vie entière.

La revue de presse : Jérôme Garcin - Le Nouvel Observateur du 2 janvier 2014

Voici donc Philippe, feu follet né sous le signe du Lion, rayonnant de vie, qui se rêvait médecin et ne fut que banquier, dont la passion de l'opéra ajouta au destin tragique, courant après les fuseaux horaires et entrant dans la maladie avec une grandeur silencieuse de guerrier indien. Et voici, en creux, le bouleversant autoportrait de Marc, tout plein de cette culpabilité qui ronge, entre la vague des regrets et celle des remords, les rescapés du naufrage, comme sidéré d'être encore en vie...

La revue de presse : Valérie Trierweiler - Paris-Match, janvier 2014

Le romancier lève le voile sur son cadet, homosexuel, mort du sida en 1995. Son texte le plus intime. Et le plus poignant. Pourquoi faut-il que les plumes trempées dans une encre noire teintée de souffrances et de douleurs soient les meilleures  ? Celle de Marc Lambron ne manque, certes, jamais de talent. Mais dans « Tu n'as pas tellement changé », l'écrivain met à nu une sensibilité rarement dévoilée à ce point. Le manuscrit était resté dans un tiroir depuis près de vingt ans. Dix-huit ans exactement. Voilà autant d'années que Philippe, vaincu par le sida, a rendu son dernier souffle...
A travers ce récit, Philippe redevient l'unique en même temps que le semblable. Marc cherche à distinguer ce reflet de lui-même que longtemps il n'a perçu que troublé...
Dans ce livre hors du commun, plein de grâce, où le silence tient une place particulière, il glisse par-delà les mots au-dessus de la mort.

La revue de presse : Nathalie Crom - Télérama du 1er janvier 2014

Face à la disparition prématurée de son frère, l'écrivain Marc Lambron livre une réflexion intime sur l'insupportable effacement d'un être aimé...
L'empreinte laissée en lui par Philippe, Marc Lambron n'a plus que cela. Alors il l'approche, l'ausculte, l'entoure, la caresse, la restitue avec une justesse et une profondeur rares. De l'enfant né six ans après lui, de l'adolescent qu'il devint, Marc Lambron ne fut pas si proche - le portrait de Philippe alors est une ébauche, comme un croquis à la ligne claire, figurant un jeune homme pressé, brillant, rapide, au charme fait d'élégance et de désinvolture.

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