N.N.
N.N. — Le choix des libraires

Livres

"N.N." de Gyula Krúdy chez La Baconnière (Chêne-Bourg, Suisse)

Résumé

Arrivé à l'âge mûr, après avoir connu la célébrité à Budapest, N. N., «héros anonyme», décide de retourner dans sa région natale, le pays des bouleaux, en Hongrie orientale.
Descriptions inimitables des paysages, couleurs et parfums de la campagne hongroise, histoire d'un hors-la-loi fantasque et scènes de la vie des habitants foisonnent tout au long du récit à la fin duquel il retrouve la femme qu'il avait aimée et leur fils qu'il ne connaissait pas. Chez Krúdy ce n'est jamais l'histoire qui compte mais «l'ensemble», ses métaphores, ses ambiances mélancoliques et oniriques et la musique enchanteresse de sa prose qui évoque celle du violoncelle. Des Tziganes qui se faufilent dans l'ombre, des amours furtives à peine esquissées, une auberge sous la neige avec sa véranda multicolore... L'écrivain virevolte sans cesse entre le réel et la fable.
Récit autobiographique au charme puissant, N. N. est le livre par lequel on a découvert Krúdy en France en 1985.

«On ne résume pas un tel livre : on l'écoute, on se laisse enivrer par les parfums qu'il distille, par les chuchotements de violoncelle qui le bercent, tandis que la mémoire divague à travers les méandres du temps perdu. Un petit bijou.»
André Clavel, Le Journal de Genève.

«Se laisser mordre par ce court roman est un plaisir des plus suaves.»
André Rollin, Le Canard Enchaîné.

Enfant naturel (nomen nescio auquel fait allusion le titre) d'un avocat issu de la petite noblesse et d'une servante - ses parents n'ont pu se marier qu'après leur septième enfant -, Gyula Krúdy (1878-1933), considéré comme l'un des plus grands écrivains hongrois, est né à Nyíregyháza. À Budapest, il a suscité par son apparence seule une foison de légendes : celle du «Prince de la Nuit», du joueur, du séducteur... Il a écrit néanmoins plus de quatre-vingt-six romans et des milliers de nouvelles. À l'encre mauve, seize pages chaque jour, qu'il ne corrigeait jamais. Krúdy a collaboré à la plupart des grands journaux et revues de son époque dont le Nyugat.
Il a été l'écrivain favori du psychanalyste Sándor Ferenczi et de Sándor Márai qui a relu N. N. tout au long de sa vie. Plus récemment, Imre Kertész, le prix Nobel hongrois, lui a consacré de magnifiques pages.

Courrier des auteurs le 29/11/2013

1) Qui êtes-vous ? !
Ibolya Virag, éditrice et traductrice littéraire d'origine hongroise. Je travaille dans le domaine de l'Europe centrale depuis longtemps. J'aime faire découvrir aux lecteurs français les grands auteurs de mon pays natal et tout particulièrement Gyula Krúdy, mon écrivain favori, dont j'ai déjà édité cinq romans, et que je traduis avec le plus grand bonheur.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
La nostalgie heureuse de l'enfance et de la jeunesse. Arrivé à l'âge mûr, N.N., l'alter ego de l'écrivain, décide de retourner dans sa région natale, le pays des bouleaux, en Hongrie orientale. Il nous invite à une balade inoubliable dans ses souvenirs et dans notre propre imaginaire.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
«Je songeais à elle comme si toute la nuit une voix m'avait murmuré une fable dont elle était l'héroïne, voix dans laquelle il y avait toute mon enfance et ma jeunesse, la flamme du fagot, le craquement de l'érable bien-aimé, les veillées, le recueillement des remises et des jardins d'automne, le réveil chuchotant de la cave et le silence à la voix de verre de l'hiver profond.»

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Une succession d'improvisations rêveuses au violoncelle et de morceaux de violons tziganes entraînants tout au long du récit.

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Ce pourquoi j'aime tant ce roman : sa langue magique, musicale, ses métaphores, ses descriptions de paysage comme reflets de l'âme humaine, son charme envoûtant et son regard tantôt tendre tantôt amusé et sans concession sur l'homme.

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