"Dis-leur qu'ils ne sont que cadavres" de Jordi Soler chez Belfond (Paris, France)

en partenariat avec 20minutes.fr

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Dis-leur qu'ils ne sont que cadavres
Dis-leur qu'ils ne sont que cadavres — Le choix des libraires

Résumé

Aussi drôle que tragique, servi par une écriture très visuelle et joyeusement débridée, le nouveau roman de l'un des plus grands auteurs hispanophones actuels.

En 1937, de retour du Mexique où il a croisé Malcolm Lowry et abondamment usé de peyotl et autres champignons hallucinogènes, Antonin Artaud trouve le bâton sacré de saint Patrick, le patron des Irlandais.

Plus d'un demi-siècle plus tard, trois hommes partent en pèlerinage : l'un est un écrivain mexicain égaré dans une ambassade désargentée ; le deuxième un poète édenté qui vit avec son cheval ; le dernier un collectionneur excentrique au faciès d'oiseau. Ce qui les unit ? Une faiblesse coupable pour l'eau-de-vie et une passion dévorante pour Artaud.

Ensemble, ils jurent de retrouver le bâton, véritable relique. Sur la route, ils se perdront un peu, boiront beaucoup et se fâcheront à jamais.

De Dublin à Kilroot, de Mexico à Paris, une épopée hallucinée et rocambolesque, génial hommage aux poètes et aux fabuleux pouvoirs d'une littérature qui peut mener à la gloire ou rendre fou.

Jordi Soler est né en 1963 au Mexique, dans une communauté d'exilés catalans fondée par son grand-père à l'issue de la guerre civile espagnole. Il a vécu à Mexico puis en Irlande avant de s'installer à Barcelone en 2005 avec sa femme, franco-mexicaine, et leurs deux enfants. Il est reconnu par la critique espagnole comme l'une des figures littéraires les plus importantes de sa génération. Après Les Exilés de la mémoire (Belfond, 2007 ; 10/18, 2008), La Dernière Heure du dernier jour (Belfond, 2008 ; 10/18, 2010) et La Fête de l'Ours (Belfond, 2011), Dis-leur qu'ils ne sont que cadavres est son quatrième livre traduit en français. Il est également l'auteur de poèmes et de nouvelles, et collabore à différents journaux.

La revue de presse : Virginie Gatti - L'Humanité du 16 janvier 2014

Jordi Soler, né au Mexique, a délaissé ses parts d'ombre pour suivre le barde dans un exercice d'admiration burlesque et facétieux...
Jordi Soler en a peut-être fini avec les zones obscures pour s'octroyer un genre libre où les contraintes ne seraient que fictionnelles. Jouer avec la réalité. Artaud n'était que dans la proportion de son corps, d'où ses voix intérieures extériorisées. Avec cette fin de pérégrination, Jordi Soler a créé un vrai personnage, un camelot de poésie échoué à Paris et qui s'aide étrangement d'une canne. Lacan est de retour.

La revue de presse : Xavier Houssin - Le Monde du 28 novembre 2013

Jordi Soler met ses pas dans ceux du Mômo, de la jungle mexicaine à la lande irlandaise...
Artaud et ses quêtes mystiques forment la trame de fond du nouveau roman de Jordi Soler. Dis-leur qu'ils ne sont que cadavres déroule en épisodes les recherches labyrinthiques afin de retrouver cette canne mythique qu'accomplissent, dans les années 1980, un jeune attaché culturel de l'ambassade du Mexique à Dublin, un couple de collectionneurs déjantés, un homosexuel inquiet et un vieux poète irlandais. Une aventure absurde et picaresque qui les entraîne du Sud au Nord au gré de rencontres qui tournent facilement en beuveries...
" Les dates sont vraies, tous les événements historiques dont le point de départ est vrai sont interprétés, beaucoup de détails sont inventés... ", écrivait Artaud à Paulhan à propos de son livre Héliogabale ou l'Anarchiste couronné (1934). Soler pourrait reprendre la formule...
Dis-leur qu'ils ne sont que cadavres est un texte sur la folie d'écrire. Sur les auteurs, le goût insensé de la littérature.

La revue de presse : Francine de Martinoir - La Croix du 6 novembre 2013

Dans ce beau roman, le quatrième traduit en français, Jordi Soler, qui était, dans les précédents, parti à la recherche des siens, républicains catalans exilés au Mexique à la fin de la guerre civile espagnole, s'élance sur les traces de sa famille littéraire, du côté de Joyce, de Malcom Lowry et surtout d'Antonin Artaud, présent tout au long du récit. Au tournant du siècle, le narrateur, attaché culturel mexicain à Dublin, végète dans son ambassade en préparant une anthologie des textes d'Artaud et, faute d'écrire une biographie, sans doute impossible, il est hanté par un épisode un peu oublié et pourtant d'une importance capitale dans la trajectoire du poète  : son court séjour en 1937 en Irlande, qui se termina par son internement...
Pourquoi certains moments de la vie d'Artaud intéressent-ils autant des êtres tels que McManus et les Lapin ? Comme dans un roman picaresque, les personnages portent souvent des masques cachant d'autres mobiles, l'argent ou les complots terroristes de ce début de XXe siècle. Seul, le narrateur continue à vivre en symbiose avec l'oeuvre et la vie d'Artaud. Jordi Soler a échappé aux écueils guettant les romans centrés sur une grande figure censée donner profondeur et rayonnement à la fiction.

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