"La vérité sur Marie" de Jean-Philippe Toussaint chez Minuit (Paris, France)

en partenariat avec 20minutes.fr
— 
La vérité sur Marie
La vérité sur Marie — Le choix des libraires

Résumé

L'orage, la nuit, le vent, la pluie, le feu, les éclairs, le sexe et la mort. Plus tard, en repensant aux heures sombres de cette nuit caniculaire, je me suis rendu compte que nous avions fait l'amour au même moment, Marie et moi, mais pas ensemble.

La Vérité sur Marie n'est pas à proprement parler une suite, mais un prolongement de Faire l'amour (2002) et Fuir (Prix Médicis 2005).

Le choix des libraires : choisi le 06/11/2013 par Sophie Dullin de la librairie L'ÉCHAPPÉE BELLE à SÈTE, France

Sophie Dullin recommande ce livre au micro d'Augustin Trapenard, dans Le Carnet du libraire, sur France Culture, en partenariat avec Lechoixdeslibraires.com

La revue de presse : Nathalie Crom - Télérama du 16 septembre 2009

C'est très beau. D'une beauté stupéfiante par instants, à laquelle prennent part tout à la fois la clarté et la vigueur de l'écriture de Toussaint, sa puissance d'évocation qui rappelle celle d'un plasticien, la rigueur de son architecture romanesque millimétrée, la discrète méditation sur la distance, le réel et l'imagination qui court en filigrane de l'intrigue, la sensualité qui préside au portrait de Marie tel qu'il se dessine - cette «vérité sur Marie» que promettait le titre du roman, et qui se confond finalement avec l'amour qu'elle inspire.

La revue de presse : Patrick Kéchichian - La Croix du 17 septembre 2009

Après «Faire l'amour» et «Fuir», le romancier poursuit sa description de la crise, du couple d'abord, mais aussi de la réalité qui l'entoure...
L'hétéroclite étrangeté des situations, le bric-à-brac des objets et des sentiments, contribuent à créer un efficace climat de vacillement amoureux et existentiel...
Grâce à sa remarquable maîtrise, Jean-Philippe Toussaint parvient à mettre en crise, au-delà du couple de ses héros, la réalité elle-même dans laquelle ils sont immergés. L'échec qui laisse cette réalité «hors de portée de (l') imagination et irréductible au langage» se retourne. Il devient voie royale et modeste pour approcher la «moelle sensible, vivante et sensuelle» du réel, pour laisser apparaître cette désirable vérité romanesque, toujours «proche de l'invention, ou jumelle du mensonge...»

La revue de presse : Marie Desplechin - Le Monde du 18 septembre 2009

Sur un canevas en deux ou trois parties (un lieu, une action qui se démultiplie), Toussaint construit une grande chambre d'écho où résonnent des pleurs, des cris, des rires, des halètements, des chuchotements, le craquement du feu dans les arbres et la caresse du vent sur la mer. Il a le génie de faire entendre ce qu'il choisit de taire. Pour du roman, c'est du roman : tout le bonheur du genre, et rien de débraillé. Le troisième volet du cycle est une composition nocturne, zébrée de lumières violentes, ambulances, miradors et incendies, et un roman des catastrophes et de l'amour ("J'ai essayé que l'amour soit sensible, présent, visible"). Un livre dans lequel la Vérité compte moins que Marie, Marie splendide en Vérité, plus ou moins nue d'un bout à l'autre du livre.

La revue de presse : Jean-Claude Lebrun - L'Humanité du 17 septembre 2009

La cohérence narrative est parfaite. Elle laisse le champ ouvert à l'invention romanesque. Car, ce qui suit ne relève plus, pour l'essentiel, que d'un intense plaisir d'écriture. Le mort s'occupait de chevaux de course. L'un de ceux-ci, inscrit dans une réunion hippique à Tokyo mais malade, avait dû être rapatrié par avion-cargo. Marie et son compagnon l'avaient escorté en soute. Et Toussaint se déchaîne. Le voyage aérien, dans une zone de fortes turbulences, se transmue en une manière d'odyssée moderne face aux forces célestes. Le cheval enfermé dans son box prend lui-même des allures d'animal mythologique, renaudant, transpirant, soufflant, claquant du fer. Il y a dans ces pages une inspiration, un rythme, des envolées et une plénitude de langue qui constituent l'affirmation d'un style. On les retrouve plus loin, dans une scène où les chevaux d'un manège sont pris au piège d'un incendie, sur... l'île d'Elbe. Là où chaque fois tout fini. Ou recommence. Dans le sillage de Marie. Comme si, sur sa trace, partout des histoires levaient. Dans une conversation avec son éditeur chinois, Chen Tong, publiée en postface du volume en poche de Fuir, Toussaint avance la notion d'«énergie romanesque» pour caractériser son écriture actuelle. Une manière très juste de dire ensemble la liberté et le plaisir littéraires.

La revue de presse : Eric Loret - Libération du 17 septembre 2009

La vérité sur Marie, c'est qu'elle n'existe pas. Ni Marie ni la vérité. C'est-à-dire aussi qu'elle existe à fond, à plein régime fictionnel. Ce n'est pas écrit dans le livre : c'est ce qu'on ressent après s'être fait piétiner par ce bolide en feu qu'est le nouveau Jean-Philippe Toussaint, à peu près aussi jouissif qu'un déluge de météorites dans les reins, si les reins étaient les lobes du cerveau (par exemple)...
C'est Rembrandt et Turner à la fois, mais qu'il faut imaginer poudroyant sur deux cents pages. La force de Toussaint est d'avoir su instiller dans ses visions la présomption d'absence sans laquelle il n'est pas d'image réelle : à savoir en danger, menaçant de disparaître, puissance centrifuge.

La revue de presse : Baptiste Liger - L'Express du 24 septembre 2009

Après Faire l'amour et Fuir, l'écrivain belge signe le troisième volet - un "prolongement", selon ses mots - des aven-tures tragi-comiques de Marie. Dans ce magnifique roman d'amour qui ne dit jamais son nom, le swing narratif de Toussaint fonctionne à merveille, tout comme son style si atypique, quelque part entre Beckett, Gombrowicz et Robbe-Grillet.

La revue de presse : Astrid de Larminat - Le Figaro du 24 septembre 2009

Et Marie dans tout ça ? C'est un motif vibrionnant, un prétexte, en fait. Comme si son rôle n'était que de tenir en éveil l'amour du narrateur, parce que l'amour maintient les sens aux aguets, fouette l'imagination, force à vivre par procuration, met dans l'état de restituer «la quintessence du réel, sa moelle sensible, vivante et sensuelle» - l'état d'écrire. Comme ces rêves qui semblent plus vrais que nature, La Vérité sur Marie entaille la chair du réel et fait palpiter les forces élémentaires qui le tissent - l'eau, la peur, la force, la mort, la lumière, l'amour, le feu. Jean­Philippe Toussaint renouvelle le genre du «Nouveau roman», lui donne une vigueur inédite.

La revue de presse : Jérôme Garcin - Le Nouvel Observateur du 24 septembre 2009

On ne dira jamais assez ce qui caractérise l'art si puissant et si peu visible de Toussaint : atteindre la folie avec des mots simples, faire du spectaculaire dans une prose sage, dissimuler l'exceptionnel sous le banal...
La vérité sur Marie, on ne la connaîtra pas encore dans ce roman, et c'est tant mieux. Reste l'insidieux bonheur de lire Toussaint, seul capable de mêler, sans grandiloquence, le désir à la panique, le sexe à la mort, le burlesque au tragique. Et de savoir qu'un cheval ne vomit jamais. Enfin, jamais...

Retrouvez la fiche complète sur le choix des libraires